George W. Bush
George W. Bush © Image Editor

Un monde plus juste est possible. C’est beau comme un slogan d’agence de com. Un monde où les dirigeants corrompus, ceux qui trichent ou mentent à leur population, auront à répondre de leurs actes. Pas seulement en étant sanctionnés dans les urnes, mais entendus, là, devant un tribunal. Justice pour tous ! Comme un slogan de pubard, on vous dit. Le genre de truc à créer du temps de cerveau disponible.

On peut toujours rêver, non ? Alors, allons-y. Réel : Amnesty International demande aux autorités canadiennes d'arrêter et de poursuivre en justice l'ancien président américain George W. Bush, qui sera en visite au Canada le 20 octobre.

Amnesty accuse Bush de « crimes et tortures » pour la façon dont il a mené la guerre en Irak. C’est pas du chiqué. L’association a remis aux organisateurs de l’évènement auquel Georges Bush doit participer un mémorandum de 1.000 pages, reprenant ses arguments. Elle estime que Bush a menti aux Américains et au monde entier, quand il s’est agit de déclarer la guerre contre l’Irak . Que les soldats américains et ceux des pays de la coalition, sont souvent morts pour rien. Ou en tous cas, pas pour les bonnes raisons. Les Etats-Unis, refusant de juger, c’est au Canada qu’Amnesty veut le voir arrêter. On peut toujours rêver. Le Canada est tenu par des obligations internationales, d'arrêter et de poursuivre en justice l'ancien président Bush, estime Amnesty, compte tenu de sa responsabilité dans des crimes contre le droit international, dont la torture. Si le Canada s'abstient d'agir, poursuit Amnesty, cela constituera une violation de la Convention des Nations unies contre la torture et sera une manifestation de mépris vis à vis des droits humains fondamentaux. Il est vrai que Georges Bush a institutionnalisé l’usage de la torture, pour obtenir des aveux des centaines de personnes, arrêtées ou capturées pendant la campagne irakienne. La torture, que son vice-président, Dick Chesney a trouvée souhaitable, dans ses mémoires. Le ministre canadien de l’Immigration considère qu’il s’agit là d’une provocation. « Ce genre de coups explique pourquoi tant de défenseurs respectés des droits humains ont quitté Amnesty International », a-t-il déclaré, taxant l’ONG de dégénérescence et de partialité politique.

En février dernier, un appel identique avait été lancé à la Suisse et Georges Bush avait renoncé à s’y rendre.

Pas forcément un jour de prison, non ! Ce qu’on veut, cher Monsieur Bush, ce sont des explications, détaillées, devant un juge, des mensonges proférés. Une condamnation si vos fautes sont reconnues, même à un dollar symbolique, mais une condamnation ! On peut toujours rêver !

© Audrey Pulvar

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