Tristane Banon
Tristane Banon © Alain Bachellier

Oui, il y a bien eu agression sexuelle, mais ces faits sont prescrits. C’est la conclusion que tire le parquet de Paris, au moment de classer sans suite la plainte pour tentative de viol déposée par Tristane Banon, à l’encontre de Dominique Strauss-Kahn. Une vingtaine d’auditions de témoins indirects de la scène décrite par la jeune femme, et qui remonte à février 2003, une confrontation entre la plaignante et l’accusé, n’auront pas permis d’établir s’il y a eu tentative de viol ou pas, mais les faits d’agression sexuelle sont bien reconnus.

C’est écrit noir sur blanc, et pourtant l’avocate de Dominique Strauss Kahn affirme que son client a été blanchi. Il est vrai que ledit client avait déclaré, à propos de ces accusations, qu’il s’agissait d’une scène imaginaire, de dénonciation mensongère et que le dossier était vide.

Ce n’est pas tout à fait le cas, semblent dire le Parquet. Ce n’est pas tout à fait, non plus, ce que Dominique Strauss-Kahn a affirmé devant les enquêteurs. A eux, il a dit qu’il avait bien essayé d’embrasser la jeune femme. Que signifie exactement « embrasser » ? Quel était le prix à payer pour ce baiser ? « Embrasser » ? D’après les avocats de DSK, leur client est remis en selle. Et la plaignante « n’a pas été crue ». D’après le conseil de Banon, « Dominique Strauss-Kahn doit se satisfaire d’un statut d’agresseur sexuel non jugé ». Deuxième procédure, deuxième impasse. Faute de procès, une fois de plus, la justice ne dira pas s’il y a eu délit, crime ou actes commis entre adultes consentants. Une fois de plus, elle évoquera le manque de preuves pour justifier son abandon des charges, tout en laissant entendre que l’ex-leader du FMI a bien eu une conduite plus qu’inappropriée. Tragique de répétition. Un homme, non jugé, prétend avoir été mis hors de cause, une femme affirme qu’il l’a agressée. Une opinion publique divisée. Tout y est, le sentiment de malaise en plus, à l’égard de DSK. Comme une part d’inachevé, d’insaisissable, qui brouillera à jamais l’image du champion du FMI, ex futur-sauveur de son pays.

© Audrey Pulvar

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