Les Grecs iront voter dimanche pour des législatives. Ils ont le choix entre le maintien des sacrifices ou bien l'épreuve de force avec Bruxelles contre son plan d'austérité. L'austérité en Grèce, avec l'exemple de l’univers de la littérature dans le journal Le Monde : "En Grèce, le livre est en ruine".

Deux ans et demi après le début de la crise en Grèce, c'est toute la chaine éditoriale qui s'effondre. Les lecteurs n'achètent plus, les librairies ferment, les éditeurs vivotent et les écrivains dépriment. Dans la presse, les suppléments littéraires rétrécissent comme peau de chagrin. En deux ans, les tirages d'éditions grecques ont chuté de 40%.

Interview de la patronne des éditions Hestia, une sorte de Gallimard grec, vénérable maison d'édition qui existe depuis 127 ans. Comme les autres, elle prend la crise de plein fouet. Au point, dit-elle, que je préfère offrir les livres directement aux lecteurs. Cette crise aura au moins eu du bon, dit la patronne des éditions Hestia, nous retrouvons le sens de la gratuité des livres.

Pourquoi pas le troc comme nouveau mode de consommation en ces temps difficiles ?

Ce qui frappe les observateurs grecs, c'est la rapidité avec laquelle le système grec se détricote dans les maisons d'édition. Nombres de salariés ne sont plus payés depuis longtemps, mais viennent travailler quand même, gratuitement, car ils savent qu'il ne trouveront pas de travail ailleurs.

Dur, aussi, pour les écrivains grecs : souvent, leurs droits d'auteur sont gelés. La romancière Ersi Sotiro-Poulos avait vu juste en 2003 quand est sorti son livre Dompter la bête , un livre au vitriol décrivant une société grecque bouffonne et tragique, et ses élites corrompues.

Dans les librairies grecques encore ouvertes, il y a tout de même des livres qui se vendent encore très bien. Ce sont les ouvrages consacrés au yoga. Ceux-là résistent à la tempête, car les lecteurs viennent chercher de quoi rester zen au milieu des décombres.

Un peu comme dans le film "Zorba le Grec", avec Anthony Quinn, qui apprenait à danser à son patron et continuait à rire, même en plein désastre.

Extrait du film "Zorba le Grec" , avec Anthony Quinn.

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