Prothèse
Prothèse © mkorsakov

Cahier spécial, dans Libération ce matin, à l’occasion de la semaine de l’emploi des personnes handicapées. Presque tous les aspects de la question du vivre, travailler, espérer ensemble, entre valides et handicapés y sont abordés, pour finir par ce long papier où l’on voit fusionner les intérêts des uns et des autres, tous concernés par les progrès scientifiques et technologiques permettant de nous « augmenter ». Quel sera le nom scientifique donné à cet homme amélioré, transformé, bionique ? Ainsi de cette athlète-actrice et mannequin américaine amputée des deux jambes à l’âge d’un an et qui s’amuse d’avoir à sa disposition «plusieurs paires de jambes», prothèses non plus seulement esthétiques, mais véritables membres ajoutés, capables de transmettre des sensations. Elle sourit et nous avec: « Pamela Anderson a plus de prothèses que moi, pourtant personne ne la prend pour une handicapée ! ». Ainsi, encore, de ces patients dotés d’un bras artificiel « bionique », commandés par leur pensée, après une opération redirigeant les terminaisons nerveuses du membre manquant vers leur poitrine. Ce « bras » presque aussi vrai que nature, ils peuvent le plier, l’étendre s’en servir pour peler des fruits, ouvrir des récipients voire porter de faibles charges ! Rendre la marche à un paraplégique ? C’est possible, pour quelques minutes. Un implant, un système de stimulation de la moelle épinière, voire une puce électronique implantée dans l’abdomen et reliée par des électrodes à des nerfs et des muscles orchestrant la marche… L’article passe également en revue les appareils permettant de se passer d’un vrai cœur ou d’un pancréas sain, comme les opérations permettant de rendre, partiellement, l’ouïe ou la vue à certains patients.

Tous ces progrès sont déjà en application. Une réalité, un espoir matérialisable pour ces accidentés de la vie. L’homme nouveau existe. Et la technologie semble en mesure de lui promettre, à court ou moyen terme, une réponse idoine, pour chacun de ses maux. Mais qu’est-ce qu’un homme, dans ces conditions ? Et quel retentissement pour ceux des handicapés qui, par manque de moyens ou parce qu’ils sont des cas encore trop « complexes » n’auront pas accès à ces miracles techniques ? Et comment se prémunir de l’émergence d’un homme « sociéto-compatible » dont la conformation répondrait à une norme universelle ?

© Audrey Pulvar

Extrait musical diffusé : « Manivelle », d’Alain Souchon

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