Le dessin de Jonaten du 16-04
Le dessin de Jonaten du 16-04 © Radio France

Jamais fini ? C’est la réflexion qu’on se fait chaque fois qu’un article sur la situation du Soudan arrive à se faire une (petite) place dans les colonnes de la presse, comme ce matin dans La Croix . Il y a des pays comme cela, dont on se dit, avec la lassitude des nantis, nantis en liberté en tous cas, qu’ils sont victimes d’une malédiction qu’aucune faute ne justifie. Depuis des mois, le Soudan du Sud, tout nouvel état, et ce qu’il reste du Soudan, se mènent une guerre larvée qui pourrait bien exploser au visage de ceux qui se trouvent toujours malgré eux en porte-à-faux, les Soudanais, des deux bords. Entre 1983 et 2002, la guerre civile a fait au moins deux millions de morts au Soudan. L’accord de paix de 2005 n’a pas empêché la tragédie du Darfour et dans la région, le calme, cela ne dure jamais bien longtemps. Ainsi de ces combats qui durent depuis un an et ont déjà fait des centaines de morts. Le Soudan du Sud accuse Khartoum de procéder à des bombardements sur son territoire, ce que démentent les autorités soudanaises, régulièrement, qui dénoncent le soutien de Juba à des rebelles agissant sur le territoire. Muscles contre muscles, invectives, responsabilités jetées au visage les uns des autres… Mardi dernier, l’armée régulière du Soudan du Sud a franchi la frontière et pris le contrôle d’une région soudanaise. Nerf de la guerre, le pétrole… Etonnant, non ? Derrière la poésie des noms des régions concernées, Haut-Nil, Nil bleu, Sud Kordofan c’est bien une question d’énergie fossile qui, une fois de plus, sème la mort. Une raison d’espérer ? Cette agitation soldatesque pourrait bien -sans doute malgré elle- aider le mouvement des jeunes de Khartoum, des étoiles du Printemps arabe plein les yeux, qui protestent contre le pouvoir d’Omar El Bechir, dans un Soudan déstabilisé par la hausse des prix des matières premières et donc des produits de première nécessité.

Omar El Bechir sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour crime contre l'Humanité contesté dans son pays ?

C’est déjà ça !

© Audrey Pulvar

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