Le dessin de Jonaten du 16 décembre
Le dessin de Jonaten du 16 décembre © Jonaten / Jonaten

« (…) de tous les déserts du monde, je ne crois pas qu’il y en ait un autre aussi effrayant que le Sahara, où il y a des tas et des tas de masses de sable infini qu’on voit même depuis les airs. Je n’y ai pas vu d’arbre ni de coin d’herbe. Si sec était le désert qu’il ne recelait pas la moindre goutte d’eau pour étancher ma soif. Les lettres que la famille et toi m’envoyez sont comme la rosée, une pluie d’été et toute la beauté de notre pays qui rafraîchit l’esprit et redonne confiance. Depuis ton incarcération, je n’ai reçu qu’une seule lettre de toi, datée du 22 août. Je ne sais rien de ce qui se passe dans la famille, qui vit sous notre toit, paie le loyer et les notes de téléphone, qui subvient aux besoins des enfants, ni s’il y a une chance que tu retrouves ton emploi à ta libération. Tant que je n’aurai pas reçu de lettre de ta part m’expliquant tout cela je ne serai pas fixé (…)»

« Je continue à faire des rêves. Certains sont agréables, d’autres non. A l’aube du Vendredi Saint, toi et moi nous trouvions dans une petite maison en haut d’une colline qui surplombe une vallée profonde, avec une grande rivière qui longe le bord d’une forêt. Je t’ai vue descendre la colline mais tu ne te tenais pas aussi droite que d’ordinaire et ta démarche paraissait mal assurée. Tu avais la tête baissée, comme si tu cherchais quelque chose devant toi. Tu as traversé la rivière et emporté mon amour, me laissant vide et préoccupé. Je t’ai regardée avec attention errer sans but dans la forêt, près des berges de la rivière. Juste au-dessus de toi se trouvait un couple qui offrait un contraste frappant. Les amoureux ne s’occupaient que d’eux-mêmes. L’univers tout entier semblait se concentrer en eux.

Quand je fais des rêves comme celui-ci, je me réveille angoissé et inquiet, mais je suis aussitôt soulagé parce que je réalise que ce n’est qu’un rêve. Néanmoins, cette fois je me suis senti pétri de sentiments contradictoires ».

Deux lettres de Nelson Mandela à Winnie Mandela, 26 octobre 1976 et 26 avril 1981.

Extraites de Conversations avec moi-même (référence ci-dessous)

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