Le dessin de Jonaten du 17-02
Le dessin de Jonaten du 17-02 © Jonaten / Jonaten

Un extrait ce matin, de la lettre douce-amère écrite par Bernard Loupias, du Nouvel Observateur à… Whitney Houston.

« - Le showbiz est un monstre froid. Tant que tu vends par tombereaux entiers les disques qu’il attend de toi (traduisez : les disques qu’il exige), tout va bien. Tu es le roi – ou la reine. Ca peut durer longtemps. A condition de ne jamais oublier que pour lui tu ne vaux que ce qu’a rapporté ton dernier CD. Ce Moloch n’aime que les gagnants. Mais si tu commences à ne plus supporter toute cette pression, tous ces professionnels qui savent mieux que toi ce qui est bon pour toi (traduisez : pour eux), tu es mal partie.

Tu le sais, tu le sens. Alors tu passeras aux médocs, pour supporter tout ce cirque. Pour pouvoir dormir, te réveiller, pour réussir à monter sur scène. Quand tu en seras là, sache que tout ce « joli » monde te tournera le dos.

(…)

Pourtant, ton histoire avait bien commencé.

(…)

A 15 ans, tu te retrouves choriste de la flamboyante Chaka Khan. Puis de Lou Rawls ou de Jermaine Jackson.

(…)

En 1982, à 19 ans, le producteur Bill Laswell t’invite à chanter sur « One Down ». A tes côtés, il y a le saxophoniste Archie Shepp. Ce que tu fais ce jour-là est si plein de flamme et de soul que tu fais craquer Robert Christgau, le critique de Village Voice qui n’a pas l’habitude de prendre des vessies pour des lanternes. On se dit que pour toi c’est bien parti mais ça ne durera pas.

En 1983, tu signes avec Clive Davis, un producteur qui sait ce que vendre veut dire (…). [Il va] lisser ta musique, en gommer tout ce qui peut te rattacher à tes racines gospel et soul. On appelle cela la mondialisation. Paru en 1985 « Whitney Houston », un produit aseptisé, parfaitement calibré pour les radios et la chaîne MTV, se vendra en un an à plus de 25 millions d’exemplaires. A partir de là, plus rien ne changera, te voilà prisonnière…

(…)

Tu auras fait gagner beaucoup d’argent à beaucoup de monde (…). Mais artistiquement que restera-t-il de toi ? Pas grand-chose".

Pas grand-chose ?

Oh, au moins ça… une voix qui même quand Whitney n’était déjà plus que l’ombre d’elle-même, pouvait encore nous nouer les tripes.

Chronique complète de Bernard Loupias à lire dans Le Nouvel Obsen kiosque aujourd’hui.

© Audrey Pulvar

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