Le dessin de Jonaten du 17-05
Le dessin de Jonaten du 17-05 © Jonaten / Jonaten

Toute ressemblance avec des personnages ayant existé est purement fortuite mais pourrait se révéler fatale… C’est un peu ce qui est arrivé à Carlos de Luna, 27 ans, simple d’esprit, condamné à mort et exécuté aux Etats-Unis, au Texas en… 1989. Les travaux publiés après cinq années d’enquête par des étudiants de l’université de Columbia, lui rendent, un peu tard, justice… C’est à lire dans le quotidien Le Parisien ce matin. Ou l’histoire de cet homme sans antécédents, tué parce que trop ressemblant. Le 4 février 1983, le corps d’une jeune femme assassinée à coups de couteau est retrouvé dans la station service où elle travaille. Un témoin décrit un homme aperçu sortant de la station service où la jeune Wanda a été tuée. Cet homme, pensent les enquêteurs, c’est donc ce simplet, retrouvé caché sous une voiture, près des lieux du crime. Incarcéré en 1983 donc, il sera exécuté en 1989. Sauf que, le témoin oculaire décrivait un moustachu à chemise grise, quand Carlos de Luna, au moment de son arrestation, était rasé et portait une chemise blanche. Or voilà que quelques années plus tard, un autre Carlos se présente à la police pour s’accuser du crime. Il porte bien une moustache. Il ressemble fortement au premier Carlos et son casier judiciaire ne compte pas moins de treize condamnations pour des agressions au couteau. Les deux Carlos habitent le même quartier et il arrive qu’on les confonde. C’est ce qu’à fait la police de Corpus Christi, apparemment, qui a hâtivement embarqué Carlos de Luna. Le coordonateur des nouvelles investigations estime que l’enquête a été bâclée, inachevée, entachée de nombreuses irrégularités. A tel point qu’elle conduit à la mort d’un innocent. Carlos de Luna a toujours clamé son innocence, affirmant qu’au moment de son interpellation, il fuyait le tueur, qu’il avait vu agir. Rien à faire, en dépit de plusieurs éléments à décharge et témoignages de celui qui se dit être l’auteur du meurtre, c’est Carlos De luna qui est exécuté. Aujourd’hui le voilà innocenté : on vit une époque formidable, comme dirait l’autre…

© Audrey Pulvar

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