Le dessin de Jonaten du 18-04
Le dessin de Jonaten du 18-04 © Jonaten / Jonaten

A lire dans Le Figaro , ce matin, un long article sur la situation économique de l’Espagne. Mathieu de Taillac nous parle d’un gouvernement Rajoy fonctionnant plus comme un cabinet permanent de crise que comme une équipe politique et dont les réformes sont extrêmement impopulaires : hausse de l’impôt sur les revenus, puis sur les sociétés, gel des salaires des fonctionnaires, libéralisation des licenciements, amnistie fiscale, diminution du train de vie de l’Etat… Et ce n’est qu’un début car, ajoute notre confrère, «la partie se révèle plus difficile que prévue et bien pire qu’annoncée [pendant la campagne électorale] par les hommes de Rajoy », qui affirmaient alors qu’il suffirait de « renvoyer les socialistes dans l’opposition pour rendre la confiance aux entrepreneurs, aux consommateurs et aux marchés ». Las, il y a loin de la fanfaronnade à la réalité. Depuis la victoire, Rajoy « ne promet plus qu’efforts et austérité » en se défaussant sur son prédécesseur, coupable d’avoir masqué l’intensité du problème en annonçant un déficit à 6% du PIB alors qu’il est de 8.5%. « L’argument a un certain sens », selon un professeur de Sciences Politiques cité par Le Figaro , « mais c’est un argument qui a une date de péremption ».

La présidentielle vue par les tout-petits. Un reportage à mi-chemin entre sourire et cœur serré, à lire dans Libération , ou comment, à Marseille, la directrice d’une école maternelle a organisé une élection de président de classe. Sept candidats, âgés de 5 ans, ont fait campagne, présenté un programme « plus de pâtes à la cantine, plus de récréation, plus de fleurs dans la cour »… Cartes d’électeurs et cartes d’identité plastifiées fabriquées pour eux, cours d’instruction civique sur le fonctionnement de l’élection réelle… C’est Jaspe qui a été élu. Il avait promis une piscine dans la cour, puis se rendant compte qu’il ne pourrait pas tenir un tel engagement, envisageait de jeter l’éponge, mais sa maîtresse lui a suggéré de la dessiner à la craie, sa pistoche.

Au-delà de l’anecdote, qui fait sourire, on ne peut qu’être touché par toutes les problématiques qui sous-tendent l’initiative de cette enseignante. La plupart des enfants ont des parents étrangers, sont logés par des marchands de sommeil, se débattent dans un quotidien marqué par la précarité. Cette école maternelle de cinq classes, dont les enseignants sont très proches des parents, est le seul lieu de lien, pour eux, avec la République dans ce qu’elle a de plus noble. Un établissement qui, comme partout en France, a de moins en moins de moyens. Plus de rééducateur, poste supprimé, plus de psychologue à plein temps, poste supprimé, plus de « maîtresse d’adaptation » qui prenait les élèves en petits groupes. Aucune formation à la prise en charge des enfants handicapés…

« On ne dégraisse plus le mammouth, on attaque l’os ». C’est aussi le thème du dossier de Télérama cette semaine, qui se demande : où va l’école républicaine ?

« Le jour où on craque, il n’y a plus personne pour assurer l’intégration » : propos du directeur de l’école Jules Vallès, à Saint-Denis. Jules Vallès…

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