Le dessin de Jonaten du 18-01
Le dessin de Jonaten du 18-01 © Jonaten

Salman Rushdie ira-t-il au festival littéraire de Jaïpur, en Inde, le pays où est né le romancier britannique ? Un festival qui débute dans trois jours et où est attendu l’auteur, entre autres, des Versets Sataniques . Comme un remugle de ses années de plomb, celles où il faisait l’objet d’une fatwa, édictée par l’Ayatollah Khomeini himself, Rushdie se voit encore menacé pour ses écrits.

Les Versets Sataniques , c’était en 1988, un temps, on l’a parfois oublié, ces dernières semaines quand on dénonçait les dérives de groupes religieux mobilisés contre des pièces de théâtres, un temps où, en France, on pouvait mettre le feu à un cinéma, parce qu’il diffusait « La dernière tentation du Christ », un temps où dans notre pays, l’on se relevait à peine d’attentats islamistes meurtriers… Un temps, donc, où un homme était mondialement menacé de mort pour avoir, d’après ses détracteurs, blasphémé. Pendant dix années, Salman Rushdie a dû vivre dans la peur, caché, sous protection policière. 2012, le voilà persona non grata dans l’état du Rajhastan, dans le nord de l’Inde. L’Inde, nous rappelle le quotidien Libération , premier pays à avoir interdit son livre, en 1988. Interdiction toujours en vigueur. Une influente université islamique demande aux autorités du Rajasthan d’empêcher la venue de Salman Rushdie à un festival du livre, dénonçant ses « écrits blasphématoires » et menace de mener « des actions appropriées », si le gouvernement du Rajasthan n’obtempérait pas. Ce n’est pas la première fois qu’une visite dans son pays d’origine de l’écrivain suscite crispations et menaces, mais cette fois, les islamistes reçoivent le soutien de plusieurs partis politiques. Des élections ont lieu à la fin du mois… Ceci expliquant peut-être cela… Rushdie, après avoir réagi avec ironie, se tait. Son nom figure toujours parmi la liste des invités, précise Libération , mais toutes ses interventions ont disparu du programme. Sera-t-il de la partie ? Des rumeurs contradictoires circulent. Presque aussi vite que la bêtise et l’intolérance.

© Audrey Pulvar

Extrait diffusé :

Lecture de Versets sataniques, par Isabelle Adjani lors de la cérémonie des Césars, en 1989, au cours desquels elle reçu le César de la meilleure actrice

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.