Le dessin de Jonaten du 20-01
Le dessin de Jonaten du 20-01 © Jonaten / Jonaten

Toujours aussi angoissante, cette musique, même si on l’a déjà entendue mille fois… C’est celle des Dents de la Mer, bien sûr, illustration toute trouvée pour cette interview publiée par le quotidien Libération ce matin. Fred Buyle, ex-recordman du monde d’apnée, photographe sous-marin, vient de participer à une mission de deux mois, sur les rives de la Réunion. Elle vient appuyer une autre grande étude menée pendant trente mois par des scientifiques. Il s’agit de déterminer les raisons de la recrudescence des attaques de requins l’an dernier. Cinq attaques en huit mois, contre des surfeurs et des baigneurs. Deux morts.

Là où l’on recensait plutôt une morsure, pas toujours mortelle, par an, depuis le début des années 80. On apprend, dans cette interview, que les requins bouledogues sont les principaux suspects de ces attaques et qu’ils agissent parfois en groupe. Fred Buyle se veut rassurant. Il estime que le nombre de requins dans les zones où ont eu lieu les attaques est très faible. Surtout, il considère qu’il n’y a pas réellement de risque lié aux requins à la Réunion. Ce seraient plutôt nos modes de vie qui seraient en cause : des pêcheurs qui ont pris l’habitude de rejeter à la mer, à quelques dizaines de mètres du rivage, une grande quantité, quotidienne, de carcasses de poissons, mais aussi des surfeurs et des nageurs empiétant de plus en plus sur le territoire habituel des requins sans prendre le minimum de précautions nécessaires. « On a tendance à oublier », dit-il, « que la mer reste un milieu naturel, non sécurisé et les requins, des animaux sauvages ». Et l’on apprend que vivre avec les requins, cela s’apprend, qu’il y a des comportements à adopter, pour éviter le drame… On apprend encore que grâce aux émetteurs électroniques qu’il parvient, avec une arbalète de chasse, à implanter sous la peau des requins, il est possible de les géo-localiser et donc, de fermer des plages, à leur approche. L’homme soumet la nature. C’est sa mission.

Mais le risque zéro existe-t-il ? Souvenir d’une sortie en forêt lacustre guyanaise avec un familier du coin : il faut que tu comprennes que c’est toi qui viens sur le territoire de l’insecte ou de l’animal sauvage, me disait-il, donc tu le déranges, tu l’agresses. Qu’il soit araignée tueuse, anaconda ou félin, ne t’étonne pas qu’il réagisse, et prépare-t-y…

© Audrey Pulvar

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