Le dessin du Jonaten du 21-11
Le dessin du Jonaten du 21-11 © Jonaten / Jonaten

Et si on parlait, en ce lundi matin et alors que vous vous apprêtez à reprendre le collier pour une nouvelle semaine de lutte, de prendre son temps ? Freiner la machine, souffler, s’interroger sur le sens de la ronde effrénée qui nous voit tourner sans autre but qu’avancer, sauf qu’on n’avance à rien dans c’canöé, comme chante Souchon. On arrête tout, on réfléchit. C’est ce à quoi nous invite la dernière livraison de l’excellente revueRavages dans un éloge de la lenteur. Lenteur ne signifiant pas systématiquement paresse, ni inaction. Il ne s’agit pas de suspendre le temps, mais de l’utiliser au mieux. Accorder à chacune de nos actions, chaque étape de nos journées et nuits, le temps juste, nécessaire. Lenteur choisie signifie cependant réflexion sur soi, prise de recul, mise en perspective, confrontation avec la réalité de nos vies et la vacuité des sociétés dans lesquelles elles s’inscrivent. Prendre le temps, prendre son temps, luxe après lequel nous… courrons tous (sic !), c’est se mettre hors le monde. Faire ce pas de côté qui peut sembler vital à certains et laisser passer, en rugissant, le train fou des événements. Résister à la pression. Prendre son temps : s’offrir, quelques minutes par jour, le présent d’un exil, volontaire, intérieur voire intime. Rechercher le temps juste plutôt que le temps à tous prix, presque un programme économique en soi. Une façon de dire non à la consommation à outrance, de se protéger de l’avalanche d’informations chassant celles de la minute précédente, depenser l’Autre, plutôt que de simplement l’envisager. A ce propos, on lira dans Ravages , avec gourmandise peut-être, le Shabath Manifesto, lancé par un groupe d’artistes, hommes et femmes de médias ou encore écrivains juifs new-yorkais. Sur le modèle du shabath religieux, ils prônent, que l’on croie en Dieu ou pas, une journée, au moins une par semaine où l’on bannirait réellement les délais et dont on exclurait toute contrainte institutionnelle. Dix commandements pour ce « day off » :

  • Se déconnecter de la technologie

  • Rencontrer ses amis

  • Chérir sa santé

  • Sortir de chez soi

  • Eviter le shopping

  • Boire du vin

  • Partager le pain

  • Allumer des bougies

  • Chercher le silence

  • Donner…

A pratiquer 24 heures par semaine, du coucher au coucher du soleil… Et si on essayait, histoire d’éviter ça ?

© Audrey Pulvar

Extrait sonore :

Extrait du spectacle « Jamel 100% Debbouze » de Jamel Debbouze, en 2004 et intitulé « Mais pourquoi tu cours ? » (DVD paru en 2005)

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