Le dessin de Jonaten du 22-02
Le dessin de Jonaten du 22-02 © Jonaten / Jonaten

En Une de Télérama , et à 4 jours des Oscars, les tribulations du film The Artist et l’histoire de sa fabuleuse « carrière ». De pays en pays, le long métrage signé Michel Hazanavicius n’en finit pas de collecter les distinctions. Deux prochains rendez-vous pourraient être particulièrement pourvoyeurs de prix : Les Césars et bien sûr, les Oscars, aux Etats-Unis. Jean Dujardin fera-t-il mieux qu’Omar Sy, François Cluzet ou Philippe Torreton à Paris, le week-end prochain ? Coiffera-t-il Georges Clooney et Leonardo di Caprio à Los Angeles ? On croit bêtement que tout cela ne tient qu’aux qualités d’un film ou de l’interprétation de ses acteurs et comédiens, on découvre qu’en tout cas au pays du billet vert, c’est aussi une question de politique et de gros sous. Gagner l’Oscar du meilleur film ou du meilleur acteur, ça se décroche. Pas seulement, donc, avec un bon film, mais aussi avec un bon paquet de dollars. D’abord, trouver un parrain, riche et influent. Pour The Artist, c’est Harvey Weinstein, frère de Bob, co-fondateur de l’excellente maison Miramax. Gage de qualité. Organiser une campagne d’information, des projections événementielles, faire figurer le film dans un maximum de festivals et mettre à contribution son réalisateur et son acteur. Michel Hazanavicius, le metteur en scène de The Artist, a passé 9 mois à sillonner les Etats-Unis, pour accompagner son film et répondre à des dizaines, voire des centaines d’interviews. Avec un argumentaire bien rodé par les équipes de Miramax : ce film est une déclaration d’amour au cinéma américain du temps de la splendeur des studios. « L’âge d’or hollywoodien » et l’incarnation du « désarroi qui est le nôtre face à un monde qui évolue trop vite »… On en écraserait une larme.

De la politique ? On se souvient, en 1997, de Juliette Binoche, récompensée pour son rôle dans Le Patient Anglais, film lui aussi défendu par Weinstein, elle qui apparaissait comme outsider face à Lauren Bacall, parce que la carrière de celle-ci méritait un oscar, même si son interprétation n’était pas forcément la meilleure. Eh bien cette année c’est la micro-polémique sur les affiches des Infidèles, qui a traversé l’Atlantique et pourrait nuire à Dujardin. Elle alimente, nous dit Télérama , le contentieux entre l’Amérique et les french lovers, dont l’image a été sérieusement écornée par… Dominique Strauss-Kahn. On saura dimanche soir si le nombre d’entrées de The Artist, l’emballement autour de ce film et sa moisson de prix aux Bafta auront été suffisants. On s’amuse à lire, sous la plume de Laurent Rigoulet, journaliste de Télérama, les quelques critiques négatives sur ce film, formulées par la presse américaine. Comme une nécessaire bulle de libre-arbitre flottant sur un océan de compliments et d’unanimisme. Indispensable petit dérèglement.

© Audrey Pulvar

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lien image dossier Saga the Artist © Radio France
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