Le dessin de Jonaten du 22-11
Le dessin de Jonaten du 22-11 © Jonaten / Jonaten

La fin du monde, c’est chaque semaine. Voire plusieurs fois par semaine. Les sommets passent, les annonces lassent, les plans de rigueur tabassent, les marchés jouent les… taspé, mais rien n’y fait, la fin du monde est encore là, à la Une des journaux. « Menace sur le triple A », « L’Europe dans la tempête », « La Grèce, menaçant domino ». Quoi, vous croyiez que les gouvernements de technocrates formés la semaine dernière nous mettraient à l’abri de la déflagration annoncée ? Il n’est que de lire la presse ce matin pour se convaincre du contraire. La Grèce, nous informent Les Echos , pourrait se voir refuser le versement des huit milliards d’euros d’aide internationale prévu ces jours-ci. Celui-là même, de versement, dont on nous expliquait il y a, quoi, dix jours, qu’il était suspendu à l’adoption par la Grèce d’un énième plan de rigueur et au départ de George Papandréou, et que s’il n’avait pas lieu, ce versement, c’est la Grèce qui, elle, verserait, entraînant dans son naufrage toutes les économies en crise de la zone euro. Contre sa démission et le retrait de son éphémère projet de référendum, l’ex-premier ministre grec Papandréou avait obtenu de son opposition qu’elle vote son dernier plan de rigueur. Or, les promesses n’engagent que ceux qui y croient, comme on sait, et voilà qu’Antonis Samaras, leader du parti conservateur Nouvelle Démocratie, prend son temps pour rédiger l’engagement formel que réclame l’Union européenne à la Grèce sur l’application de ce plan de rigueur datant du 27 octobre. Et il pourrait bien, s’il remportait les prochaines législatives en février 2012, réclamer une renégociation du plan. Donc, en fait, rien n’est réglé. Et les marchés qu’il ne faut ni brusquer, ni énerver, ni provoquer, pourraient de nouveau se braquer.

© Audrey Pulvar

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