Le dessin de Jonaten du 23-02
Le dessin de Jonaten du 23-02 © Jonaten / Jonaten

A lire dans Le Figaro ce matin, une page entière consacrée aux élections organisées en Uttar Pradesh, région de l’Inde peuplée de près de… 200 millions d’habitants et d’une superficie de 241 000 km2. Plus d’un Indien et demi sur dix vit en Uttar Pradesh. Une région immense mais pauvre. Le P.I.B par habitant y est de 642 $, c’est moitié moins que la moyenne nationale en Inde (plus de 44 000 dollars par an en France et 48 000 aux Etats-Unis). Tout au long du mois de février, on vote en Uttar Pradesh. Et particulièrement dans le Bundelkand, où s’est rendue l’envoyée spéciale du Figaro . C’est l’endroit le plus pauvre de cette région déjà dans le dénuement. Là, 561 bureaux de votes et beaucoup de bruits de bottes. Celles des paramilitaires qui arpentent, par centaines, les rues, pour veiller au bon déroulement du scrutin. Le Bundelkhand soumis pendant des décennies à la férule d’une mafia particulièrement cruelle. Laquelle mafia donne des consignes de vote. Cette année, elle appelle à voter pour le parti du Congrès. Celui de la légende. Celui que conduit le jeune Rahul Gandhi, héritier de la dynastie Gandhi-Nerhu, arrière petit-fils de Jawaharlal Nehru. Le Nehru des livres d’histoire. Ecrasant héritage ? Chez les Nehru et les Gandhi on a le combat politique dans les gènes et on le reproduit. Ce qui singularise ce Gandhi là, c’est son intention de briser les parois entre castes d’une société encore aujourd’hui ultra-hiérarchisée. Quatre ans, cela fait quatre ans qu’il sillonne sans relâche son pays avec à cœur un pari : réussir à convaincre ceux du tout bas de l’échelle de rallier son panache. Il est allé chez les plus pauvres, a serré la main des Harijans et des Dalits (les intouchables), a partagé le repas des sous-castes… Il présente des candidats censés défendre les droits des Adivasis, les aborigènes d’Inde, pauvres parmi les pauvres. L’objectif ? Remporter les élections générales de… 2014 et devenir le prochain Premier Ministre d’une Inde nouvelle. Le candidat rassemblant des voix de toutes les castes de la société indienne. Celui qui réussira à casser un système qui, bien qu’officiellement aboli en 1947, demeure vivace, dans les esprits et les pratiques quotidiennes… Comme un prolongement du rêve de fraternité et d’égalité porté par le Mahatma, lui qui en 1934 voyait dans le tremblement de terre de Bihar une punition divine contre les castes supérieures et leur comportement abject envers les intouchables. Du Mahatma Gandhi au Rahul Gandhi Bon sang ne saurait mentir ?

© Audrey Pulvar

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