Le dessin de Jonaten du 23-01
Le dessin de Jonaten du 23-01 © Jonaten / Jonaten

La finance, il en est beaucoup question ce matin dans la presse pour des raisons de politique intérieure, mais pas seulement. Dans les fameuses pages « saumon » du Figaro , un article intitulé « Cameron embarrassé par les bonus de la City », nous narre un croquignolet conte de Noël. Enfin, Noël pour les banquiers, puisque vous savez que pour eux, à Londres, c’est en janvier que tombent les bonus annuels. Soit donc, une banque, la Royal Bank of Scotland, détenue à 84% par l’Etat, sauvée de la faillite il y a quatre ans par le contribuable britannique, qui a dû mettre la main au portefeuille et sortir 45 milliards de livres, soit… plus de 54 milliards d’euros, pour éviter à RBS le naufrage. Eh bien, à la tête de cette banque, un certain Stephen Hestler s’accroche à sa cassette. Alors que l’établissement vient d’annoncer 4.500 suppressions de postes supplémentaires, son patron refuse de rogner, un tant soit peu, le bonus auquel il estime avoir droit.

Monsieur Hestler, qui gagnait déjà, en salaire, 1 million 400 000 euros par an, compte bien toucher ce mois-ci son bonus de… 1.8 millions d’euros.

Mais David Cameron veut faire un exemple. Il a lancé, il y a quelques semaines, une bataille pour un « capitalisme moral ». Le Premier Ministre britannique rappelle que ce sont 30.000 postes qui ont été supprimés à RBS depuis 2008 et que l’action de la banque est en baisse de 40% sur les marchés. Il demande donc à Hestler de renoncer à une partie de son bonus.

Vous vous souvenez, quand certains réclamaient, il y a quatre ans, la fin des bonus, ou tout au moins leur réglementation. Que n’avait-on entendu sur le fait que les traders déserteraient les banques françaises et courraient se réfugier à la City. Et bien aujourd’hui, à la tête de l’Etat britannique, on en est à vanter le capitalisme coopératif et dans le pays, des syndicats de patrons, de grandes compagnies d’assurances, réclament une réduction des bonus. C’était donc possible ? Alors que les Britanniques sont soumis, comme beaucoup d’Européens, à une politique drastique d’austérité, les banquiers londoniens sont donc appelés à se serrer la ceinture.

Les pauvres choux verront baisser de 38% leurs bonus cette année, ils ne se partageront plus que 5 milliards d’euros.

Aux Etats-Unis, bonus en baisse de 25% : ils n’atteindront que 160 milliards de dollars pour l’exercice 2011. Cela représente 123 milliards 730 millions d’euros… Oh et puis, un p’tit dernier pour la route : on parlait tout à l’heure des 2 millions 200 000 euros de rémunération globale, pour 2011 du patron de la Royal Bank of Scotland… Petit joueur ! A Wall Street, ce sont 23 millions d’euros de salaires et de bonus, soit 17 millions d’euros, que recevra Jamie Dimon, patron de la banque JP Morgan.

© Audrey Pulvar

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Extraits du film "La folie des grandeurs"

de Gérard Oury

Sorti en france le 8 décembre 1971

avec Louis de Funes et Yves Montand



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