Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine
Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine © Dmitry Medvedev

Comme à la grande époque de l’URSS, quand les mots Tass, Soviet Suprême et Congrès du Parti Communiste hantaient les journaux télévisés du soir. Comme à l’époque où la France n’avait que trois chaînes de télé, celle du Matin de Paris de Régine à Bobino et Greco à l’Olympia, le temps de la Russie des petits arrangements secrets au plus haut de l’Etat.

Il va falloir s’y habituer, c’est confirmé, à serrer la pogne vigoureuse de Poutine, lors des sommets internationaux de chefs d’Etats. On s’y attendait, mais pas si tôt et pas comme ça. Vladimir Poutine et Medvedev se partageant le pouvoir, l’un redevenant président, l’autre premier ministre. Review : Poutine, en 2008, ne peut pas briguer un nouveau mandat consécutif à la tête de son pays. C’est la Constitution, un truc qui sert encore, qui le dit. Il pousse à la présidence Dmitri Medvedev, aussitôt présenté comme un homme de paille à durée de vie politique limitée. Poutine devient Premier Ministre. Le réel maître du Kremlin, c’est lui. Même si Medvedev a fait mine de s’affranchir de sa tutelle, voire d’envisager une candidature à sa propre succession. La comédie aura duré quatre ans, Poutine y a mis fin samedi après-midi, devant les membres de son parti Russie Unie, réunis en Congrès et dont aucun, semble-t-il, n’était au courant : il sera le prochain président, Medvedev sera son prochain Premier Ministre, ils l’ont décidé il y a des années, circulez, y ‘a rien à voir. Voici le sort de la Russie réglé en trois phrases jusqu’en 2024, alors que Poutine règne sur son pays depuis déjà 11 ans ! Le dictateur russe pourrait donc passer 24 ans à la tête de son pays, et continuer sans être dérangé à augmenter la mainmise de l’Etat sur l’économie russe et ses habitants et faire prospérer un système de corruption généralisée. La maigre opposition fait son deuil : c’est la plus triste nouvelle pour l’avenir de la Russie, estime-t-elle. Un évènement dramatique.

Samedi tandis que Poutine, bodybuildé, le visage lisse, les joues aussi fermes que celles d’un bébé ou d’un Dorian Gray de près de 60 ans, le teint hâlé et les cheveux couleur des blés, faisait sa p’tite annonce, à peine 300 personnes arrivaient à se rassembler au centre de Moscou, pour dénoncer l’autoritarisme du pouvoir. Des personnes âgées, principalement. Elles disent ne pas vouloir mourir sous Poutine, sans trop y croire.

© Audrey Pulvar

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