Le dessin de Jonaten du 27-02
Le dessin de Jonaten du 27-02 © Jonaten / Jonaten

C’était le procès du siècle pour la catastrophe du siècle, donnant probablement lieu à l’indemnisation du siècle, qui devait débuter aujourd’hui à la Nouvelle Orléans. Celui de la compagnie BP et de ses deux partenaires Transocéan et Halliburton pour avoir, en 2010, causé la mort de 11 personnes, employées de la plate-forme, et massacré la faune et la flore sous-marine du Golfe du Mexique, souillé des centaines de kilomètres de plages et causé, au moins jusqu’en 2017 selon eux, une chute du secteur de la pêche des écrevisses et des huîtres, dans leurs deltas. Au moment de la catastrophe nous rappellent Le Figaro et Les Echos ce matin, catastrophe écologique considérée comme la pire de toute l’histoire dans le monde entier, et alors que des centaines de millions de litres de pétroles se répandaient en mer, BP, Transocéan et Halliburton étaient voués aux gémonies, de toutes parts. BP a déjà dépensé 14 milliards de dollars pour les opérations de nettoyage, versé 8 milliards de dollars d’indemnités à des pêcheurs et riverains lésés, mais ne s’en fait pas trop. Deux ans après, plus personne ou presque ne parle d’énergies alternatives et dans les débats de la campagne pour la présidentielle américaine, il ne fait aucun doute que le pétrole et son industrie demeurent le principal moteur de l’économie du pays. D’ailleurs, BP ne déclare-t-il pas 24 milliards de dollars de profit pour l’exercice 2011 ? From Evil to Heaven ! Eh bien le procès qui, s’il avait lieu, pourrait durer deux ans, a été ajourné. La justice américaine laisse aux parties un peu plus de temps pour trouver une solution négociée. Entendez, un méga énorme maousse chèque d’indemnisation de BP aux villes touchées, aux milliers de pêcheurs et entreprises de tourisme et aux états de Louisiane et d’Alabama. BP pourrait allonger, le mot n’est pas neutre, 20, 30 voire 40 milliards de dollars, pour acheter la paix. Eviter à tous prix un long et coûteux déballage, qui permettrait au monde entier de connaître la vérité sur les responsabilités, imprudences et crimes commis contre l’environnement. Qui pourra ensuite, si ce procès n’a pas lieu, faire face aux frais d’une enquête sur les causes de la catastrophe et surtout ses conséquences à long terme ? Connaîtra-t-on l’impact réel des 7 millions et demi de tonnes de produits « dispersants » utilisés après l’explosion ? Saura-t-on quelle quantité, exactement, de pétrole s’est répandue dans la mer et quels déséquilibres en ont résulté ? Et surtout, à quel point cette catastrophe pèsera-t-elle réellement sur les comportements des pétroliers, aussi bien dans la gestion de leurs plates-formes qu’à propos du conditionnement et du transport de leur « or noir » ? Pas de procès, pas de réponse

© Audrey Pulvar

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