Le dessin de Jonaten du 28-03
Le dessin de Jonaten du 28-03 © Jonaten / Jonaten

Où sont passées les giboulées de mars ? Il y a encore deux mois, on se demandait quand commencerait réellement l’hiver et brusquement c’est l’été, avant le printemps. Ce ne sont pas des béats de la terrasse de café comme nous, qui allons le déplorer ? Voire… L’information était essentiellement cantonnée, depuis quelques semaines, aux pages spécialisées de la presse, mais elle va commencer à « monter » au plus près des sujets de Une. Parce que pendant qu’on se réjouit, lézardant au soleil d’un « on n’est pas biennnn làààààààà », les spécialistes eux, voient se réaliser un cauchemar. La sécheresse majeure est là. Pas seulement une menace, déjà une réalité.

C’est depuis septembre que la quantité de précipitations est très inférieure à la normale. Au 1er mars, 80% des nappes phréatiques avaient un niveau très insuffisant et depuis trois semaines, alors que les températures sont 5 à 6 degrés au-dessus des normales, favorisant l’évaporation, il est tombé moitié moins de pluie qu’en général à cette époque de l’année. Dans certains départements, le déficit est de 75%. D’après le quotidien Les Echos , qui en parle ce matin, il faut remonter à 1959 pour retrouver de telles valeurs. Concrètement ? Concrètement un fort risque d’incendies de grande ampleur : -150 hectares ont déjà brûlé dans le Roussillon et en Lozère-, une floraison ultra-précoce des arbres fruitiers, des sols de plus en plus stressés, des cours d’eau au plus bas, des légumes brûlés sur pied, un système qui se dérègle. Le bonheur des flâneurs fait le malheur des agriculteurs et en particulier des éleveurs : pas de fourrage pour les bêtes, l’obligation pour les éleveurs de pratiquer la transhumance de monter de plus en plus haut pour trouver des pâturages, un impact prévisible sur la production de lait ou de fromages, mais aussi sur celle de céréales, dont les prix s’envolent, avec les conséquences que l’on imagine sur le pouvoir d’achat, en bout de chaîne, du consommateur, tandis que le revenu des agriculteurs de sur petites exploitations va continuer de fondre, cette nouvelle année de sécheresse venant après des records de déficits en pluie déjà pulvérisés l’an dernier… L’Italie, le Portugal et l’Espagne connaissent la même situation. Une crise de plus. Immédiate, tangible. Et pourtant, l’environnement reste un sujet mineur de la campagne électorale. Mystère.

© Audrey Pulvar

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