Le dessin de Jonaten du 29-02
Le dessin de Jonaten du 29-02 © Jonaten / Jonaten

Où est-elle ? Dans quel état physique ? Le moral est-il encore là ? Où est-elle ? Sa photo prend de moins en moins de place dans les journaux, elle a même disparu de celui pour lequel Edith Bouvier était partie sur place, Le Figaro . Il y a quelques jours encore, dans cette vidéo dont vous venez d’entendre un extrait, il y avait encore de la sérénité sur son visage et dans sa voix, voire des sourires, vrais, parfois. Comment va-t-elle ? Quelles informations lui parviennent ? Chère Edith, vous que l’on imagine dans une maison à Homs, protégée par des opposants syriens et peut-être les médecins qui ont réussi à vous prodiguer les premiers secours, percevez-vous, à travers le son des bombes, les efforts fournis à Paris, pour vous sortir de là ? Edith Bouvier, incarnation malgré elle du journalisme tel qu’on l’imagine, tel que les jeunes qui embrassent la profession se rêvent parfois, un métier dangereux, celui d’un témoin bravant le risque de mort pour éclairer le monde sur la situation des damnés de la terre. Edith prise au piège d’une ville devenue souricière. Pilonnée jour et nuit, sans interruption, depuis trois semaines, par un dictateur chaque jour un peu plus fou, chaque minute plus meurtrier. Assassin, même, d’une partie de son propre peuple. On fait régulièrement le parallèle entre la situation actuelle et celle de la ville de Hama, dont le soulèvement en 1982 avait été réprimé dans la même violence par le père de Bachar El Assad, Hafez. Oui, sauf que… depuis, le monde a changé. L’information instantanée, mondialisée, qui passe tout de même, malgré les bombes, le blocus, les menaces, cette mise à nue, planétaire, de l’obscénité du régime en place ne rendent-elle pas inéluctable sa chute ? « Vous entendez les bombes qui nous tombent sur la tête ? Ne nous oubliez pas. Dites et redites au monde entier que Bachar El Assad est en train de nous tuer, les uns après les autres ». Le témoignage de ce rebelle, âgé de 22 ans, terré dans un abri, à Homs, est à lire dans Le Figaro ce matin.

Quelle démocratie osera, si Bachar El Assad sortait finalement vainqueur de son entreprise d’extermination, reprendre des relations normales avec la Syrie ? Combien de temps, dans son propre pays, la population courbera-t-elle l’échine avant une nouvelle révolte ?

Le précédent de Kadhafi ? On sait comment le maître de Tripoli a fini. Même si le chaos qui s’est désormais installé dans son pays ne lasse pas d’inquiéter.

Le temps. C’est une question de temps, mais le régime syrien rendra compte, un jour, de chacun de ses crimes.

© Audrey Pulvar

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