Des centaines de militaires s'activent à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie pour déployer une barrière de barbelés afin d'interdire le passage des migrants.

C'est une barrière haute de 2 mètres 50 et longue de 180 kms. On y va vu ces derniers jours parader le premier ministre en personne, martial, portant une veste militaire. Et lançant qu'il fallait protéger le territoire selon lui "sacré" de la Pologne.  

Alors que se passe t-il à cette frontière pour qu'on en arrive là? Depuis le début du mois d'août, ce sont 3000 migrants qui ont tenté de pénétrer sur le territoire polonais, venus du Moyen Orient, Afghans, Syriens, Irakiens. Et tous viennent du pays voisin, la Biélorussie. Car les migrants sont devenus la nouvelle arme politique du régime d'Alexandre Loukachenko. Depuis qu'il est au ban de l'Europe, soumis à des sanctions pour avoir réprimé son opposition, M. Loukachenko laisse transiter des demandeurs d'asile par son pays afin de déstabiliser l'Union Européenne. Ce fut d'abord le cas de la Lituanie cet été. Et c'est maintenant au tour de la Pologne.  

Le régime polonais a donc décidé d'employer la manière forte. Des barbelés contre les immigrés. Ca résonne comme un slogan de campagne. Le parti au pouvoir en Pologne, le Pis, très conservateur, a flairé la bonne affaire politique. Il est en difficulté dans les sondages, et il voit dans cette crise migratoire une opportunité pour se refaire une santé. Pas sûr toutefois que les Polonais mordent à l'hameçon. Ils sont très partagés. "Cette clôture, ça ne me dérange pas, dit une jeune femme, je pense que c'est nécessaire dans cette situation. Je soutiens la position de la Pologne." "Non, non, lui répond un polonais plus âgé, il faut avoir une vraie politique et ne pas simplement exclure les migrants, fermer les portes, et c'est tout." 

Les citoyens polonais sont bien indécis. D'autres institutions aussi ont fait entendre leur voix. L'Eglise catholique notamment. L'Eglise polonaise d'habitude très proche des conservateurs et qui cette fois a appelé les politiques à être guidé, écrit-elle, par "l'hospitalité".

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