Par Yves Decaens

« La race blanche ! » On se souvient du tollé provoqué par Nadine Morano parlant de la France comme d’un pays de race blanche. Elle avait été écartée des régionales par le président de Les Républicains Nicolas Sarkozy.

claude bartolone n'envisage pas un éventuel remaniement avant le second tour
claude bartolone n'envisage pas un éventuel remaniement avant le second tour © reuters

Voilà que Claude Bartolone, tête de liste de la gauche en Ile-de-France, renvoie son adversaire Valérie Pécresse à cette petite phrase qu’elle-même n’a jamais prononcée en l’accusant d’être « la candidate de Versailles, de Neuilly et de la race blanche ! ».

Et cette fois c’est lui, Bartolone, qui provoque un tollé : de la part de l’opposition qui demande des excuses, mais aussi dans son propre camp.

Voir dans Libération ce qu’en pense Laurent Joffrin : qu’on a rarement vu une telle maladresse dans l’expression politique, un tel manque d’à-propos

Surtout de la part d’un élu d’Ile-de-France, région qui doit trouver son modus vivendi autour des valeurs républicaines. Bref pour le directeur de Libération, mieux vaudrait ne pas recourir aux même ficelles que le FN ou la droite identitaire.

D’autant moins, comme le souligne aussi Valérie Hacot dans Le Parisien Aujourd’hui en France, d’autant moins qu’il, Bartolone, se présente dans son habit de président de l’Assemblée nationale sous le sceau de la responsabilité.

Claude Bartolone a sorti la sulfateuse pour les derniers jours de campagne (il n’est pas le seul, son adversaire ne fait pas non plus dans la dentelle), maisil faut savoir jusqu’où aller trop loin car maintenant, c’est lui qui passe, comme le décrit Yves Thréard dans le Figaro pour un dogmatique qui ne sait qu’insulter et discrimine.

Après tout demande Thréard, les Versaillais et les Neuilléens ne sont-ils pas des Français comme les autres ?

Peut-on faire du racisme à rebours tout en invoquant la république ? On ne sait pas ce que sera le vote, sans doute très serré des franciliens. Mais on vérifie à l’occasion de ces régionales, qu’une campagne électorale c’est comme l’éternité c’est toujours trop long, notamment sur la fin.

"La chanson des mots qui fâchent" par Rocky Bulle :

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.