A-t-on oui ou non identifié la tête du roi Henri IV ?

Tête Henri IV
Tête Henri IV © Radio France / © P. Charlier et al./BMJ

A-t-on oui ou non identifié la tête du roi Henri IV ? Vous avez vu des reportages ces jours-ci sur cette histoire merveilleuse. Un livre sort vendredi aux éditions Vuibert, L’Énigme du Roi sans Tête. Il est signé du docteur Charlier, médecin légiste, et de Stéphane Gabet, journaliste.

Ils accréditent la trouvaille d’un brocanteur qui, au sortir de la guerre de 1914, achète aux enchères à Drouot pour trois francs, six sous, une tête embaumée, qu’il se persuade être celle du roi de Navarre.

Le corps d’Henri IV a en effet été décapité en 1793, lors du saccage de la basilique Saint-Denis par les sans-culottes.

Après des batteries d’examens scientifiques non concluants, un miraculeux test ADN effectué il y a deux ans en Espagne identifie le béarnais. Par comparaison avec l’ADN d’une singulière relique : un mouchoir trempé du sang de Louis Capet, au pied de l’échafaud, place de la révolution !

Rien que cet épisode du petit linge mouillé en bas de la guillotine, où roule la tête de Louis XVI un 21 janvier à 10 h du matin, témoigne de la passion reliquaire qui anime les protagonistes.

Le Figaro a consacré hier une double page remarquable et circonspecte à la tête du roi Henri. Par exemple la tête en question a l’oreille droite percée pour une boucle. Or, sur la trentaine de portraits connus d’Henri IV, un seul, tardif, le montre paré d’un anneau, à la mode Valois, lui qui est le premier des Bourbon. Interrogé par le journal, le Comte de Paris parle de prestidigitation et de roman.

Mais c’est un Orléans. Or la tête est aujourd’hui en possession du duc d’Anjou, qui, avec les Bourbon d’Espagne, valide la trouvaille. Marié à une riche vénézuélienne, le duc d’Anjou a d’ailleurs financé largement les travaux du médecin légiste, le docteur Charlier.

Il y a deux ans, la République avait envisagé une nouvelle inhumation de la tête royale à Saint-Denis. Avec présence, pourquoi pas, du président Sarkozy. Et puis devant la controverse naissante, on a renoncé. Il faut une fois de plus saluer la sagacité de l’Élysée.

Dans le doute, ils ont bien fait d’attendre !

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