le pape démissionera le le 28 février
le pape démissionera le le 28 février © reuters

On n’en n’a pas fini avec la démission du Pape lundi matin ! Cela ne s’était pas produit depuis des siècles… et le trouble est plus profond qu’il n’y paraît.

Pendant le long calvaire des dernières années de Jean-Paul II, prélats et vaticanistes ont affirmé que l’abnégation du pape souffrant le martyr était dans l’ordre des choses. Le vicaire du Christ devait aller jusqu’au bout, soutenu par la foi.

Aujourd’hui, les mêmes qui, hier, sanctifiaient Jean-Paul pour être mort à la tache, saluent la modernité du renoncement de Benedict, et osent même que c’est sa démission qui le fait entrer dans l’Histoire. Curieux compliment pour un règne, que de saluer sa fin abrupte !

Ce départ pose tout de même la question de l’infaillibilité et celle de l’esprit sain qui est censée inspirer l’élection du pontife, et l’accompagner jusqu’au terme de son règne qui coïncidait jusqu’à présent au terme de sa vie.

Sur l’infaillibilité de Benedict, la réponse paraît claire. Précisée et réaffirmée au concile Vatican I en 1870, l’infaillibilité pontificale ne vaut que lorsque le Pape s’exprime ex-cathedra sur des questions de foi ou de morale.

Le jeudi 28 février à 20 h, terme qu’il s’est fixé, Benedict ne sera plus infaillible en ces matières !

Mais l’esprit sain qui l’accompagne a-t-il cessé de souffler lundi matin à midi, cessera-t-il le 28 février au soir ?

Le Pape a dit qu’il n’avait plus la force d’exercer son magistère et les commentaires ont évoqué la charge du pontife, les voyages, les réunions…

Bref, on a fait comme si dans une institution ou une entreprise, le PDG inamovible se fixait lui-même une date limite.

C’est donc reconnaître que l’Eglise universelle, apostolique et romaine est d’abord une institution qui a besoin d’un patron solide.

Elu, dit-on, par la grâce de dieu, Benedict n’a pas été rappelé par dieu comme ses prédécesseurs, il s’est rappelé lui même !

Et là on se demande si dieu n’a pas déserté Rome ! Car il n’est guère question de foi et de spiritualité dans tout cela, mais de gestion d’un empire, à partir d’un micro-état dans un quartier de Rome.

C’est bien de le reconnaître… Mais de cet aveu, l’Eglise est toute troublée.

Début mars, le conclave va se tenir à quelques centaines de mètres d’un monastère où sera retiré l’évêque Ratzinger. Portera-t-il d’ailleurs la simple soutane noire d’un évêque ?

Continuera-t-on à l’appeler « votre sainteté « ?

Gageons que les cardinaux vont faire très vite pour élire un successeur sur le trône pétrinien.

Car il s’agit peut-être de renouer très vite avec le fil du mystère.

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