ParHélène Roussel

rodriguez
rodriguez © Radio France

Mort, disparu, oublié, ressuscité...

C’est la légende Sixto Rodriguez. L'histoire vraie d'un chanteur américain d'origine indou-mexicaine, à mi-chemin entre Bob Dylan et Neil Young.

Méconnu, idole qui s'ignore en Afrique du Sud, réhabilité aujourd'hui par un documentaire, sorti au cinéma. L'auteur, Malik Benjelloul, a retrouvé la trace de l'artiste dans un taudis, à Détroit, aux Etats-Unis.

C'est là aussi que tout a commencé, dans les années 60, sur un air de guitare.

Cheveux longs, lunettes noires : Rodriguez, artiste maudit et sans rancune. Le documentaire s'appelle « Sugar Man » et pourrait bien relancer, lancer tout court même, la carrière de ce chanteur pas comme les autres.

Sixto Rodriguez, 70 ans aujourd'hui, et plusieurs vies.

En 1970 et 1971, il enregistre deux albums pour la Motown : bide total.

Sans le vouloir, sans même le savoir, ces chansons deviennent alors dans les années 80, comme un mot de passe pour toute une génération, celle des combattants de l'Apartheid, en Afrique du Sud. 500 000 exemplaires de son album « Cold Fact » écoulés, mais ça circule sous le manteau, lui ne touche pas un centime.

« I Wonder », l'hymne des Afrikaners anti-Apartheid, dans les années 80.

En 1998, Rodriguez est invité dans un Johannesburg libéré pour un concert qu'il n'est pas prêt d'oublier : « merci de me garder en vie » dira-t-il, lui qui a du mal à en croire ses oreilles, lui qui revient d'entre les morts.

Fantôme énigmatique avec son lot de rumeurs : il se serait immolé, on dit aussi qu'il se serait tiré une balle. En fait, Rodriguez n'a jamais bougé de Détroit, où il enchaîne les petits boulots. Il ressuscite une deuxième fois en 2008 avec la réédition de son album, on le voit à Paris avec sa guitare sur un coin de trottoir.

Sa troisième vie, la voilà : « Searching for sugar man », Sixto Rodriguez. Un documentaire à voir et compilation à écouter de toute urgence, petit bijou folk-rock et grand air de liberté.

Les références
L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.