Des images de la guerre de 14 : des tranchées, des ruines, des hommes barbus, affublés de masques à gaz qui paraissent bien rudimentaires. Ils ont peur, mais ne cèdent pas. Des hôpitaux de fortune. Des perfusions bricolées. Des médecins qui ont l’air aussi mal en point que leurs malades. Les médecins ne se laissent pas filmer…Même eux sont des clandestins de cette guerre de 14... Qui se situe pourtant en 2013, aujourd’hui : 100 ans plus tard.

nouveaux témoignages sur l'utilisation d'armes chimiques par les forces syriennes
nouveaux témoignages sur l'utilisation d'armes chimiques par les forces syriennes © reuters

On est à Jobar, dans un faubourg de Damas. Celui qui filme s’appelle Laurent van der Stockt. Celui qui écrit s’appelle Jean-Philippe Rémy. Ils sont photographe et journaliste et toute cette semaine, dans le journal Le Monde , ils vont raconter la sale guerre. Ils ont passé deux mois avec la résistance. Des fusillades, certes, des bombardements, et puis un ennemi invisible et silencieux.

"Une attaque au gaz, ça ne ressemble à rien", écrit Rémy. Il n’y a rien à filmer, on ne voit rien. N ni bruit, ni odeur.

C’est quand les yeux piquent qu’on se rend compte qu’il s’est passé quelque chose. Puis viennent la toux, les malaises, la nausée, et pour certains, l’asphixie. On ne sait même pas ce qu’il y a dans les grenades de l’armée. Un neuro toxique comme le sarin ? Peut-être. Et peut-être même mélangé à du gaz lacrymogéne, pour brouiller les pistes.

De leurs deux mois en Syrie, Rémy et Van der Stockt reviennent avec l’impression que l’armée est en train de gagner la guerre. Ou plutôt, que la résistance n’a pas les moyens de résister.

Dans les chancelleries occidentales, on s’emploie aujourd’hui à tourner autour de la ligne rouge, que Barak Obama s’est imprudemment fixée. On tourne autour, dans une figure qui rappelle une phrase tristement célèbre : « bien entendu, nous ne ferons rien ! ».

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