• A la Une de vos journaux ce matin -par Eric Delvaux

__

  • Ce qui fait débat dans la presse- par Eric Delvaux

__

  • Un jour sur la toile- par Hélène Chevallier __

Des manifs de jouets en Russie . Depuis les manifestations remettant en cause les résultats des élections législatives début décembre, certaines autorités locales interdisent les rassemblements. Des acivistes ont trouvé la parade en faisant manifester figurines, légo ou peluches. C'est à lire sur le site des Observateurs du site de France 24.

  • Selon l'étude de l'institut GFK, le chiffre d'affaires des biens technologiques a baissé de 4,7% en 2011.

  • La chronique politique

Ces deux députés poil-à-gratter par Romain Gubert, journaliste au Point

__

Ce matin, je voulais vous parler de deux députés. L’un du PS, l’autre du Nouveau centre. Ni l’un ni l’autre ne sont des stars de la politique.

Le premier s’appelle René Dosière. Depuis plus de dix ans, il traque les dépenses de l’Elysée et des ministres.

Le second, à droite, c’est Nicolas Perruchot. Son dada, c’est le financement des syndicats. Mais aussi du Médef, l’organisation patronale.

Ces deux élus ne partagent pas les mêmes idées. Et pourtant… Ils sont du même bois : sans se soucier de déranger leur propre camp –car beaucoup, à droite comme à gauche, se pincent le nez lorsqu’ils entendent leur noms- ces deux élus n’ont qu’un tort : ils exercent leur mandat. Le parlementaire doit enquêter sur le bon usage des deniers publics. Perruchot et Dosière ne s’en privent pas. Ce sont des parlementaires d’investigation.

- C’est-à-dire ?

René Dosière qui vient de publier un livre au Seuil (L’Argent de l’Etat ) pose des questions, envoie des courriers, fouille dans les comptes publics. Ne se décourage jamais. Il a notamment découvert que l’avion du chef de l’Etat, le fameux Air Sarko One, n’avait pas coûté 176 millions d’euros comme on nous le disait mais 259 millions d’euros.

Dosière raconte aussi qu’un ministre coûte en moyenne 17 millions d’euros par an tout compris, avec son personnel et ses locaux. Ou que lors du gouvernement Fillon III, les salaires des collaborateurs de cabinets ministériels ont augmenté de 20 à 30 %...

Etonnant encore : entre 1997 et 2002, alors que Lionel Jospin était premier ministre, les amis de Dosière, au PS, lui ont demandé de cesser d’attaquer les dépenses de Jacques Chirac pour éviter de froisser celui-ci. On était en pleine cohabitation…

- Et son collègue du Nouveau Centre ?

Nicolas Perruchot, lui, a fait un rapport parlementaire sur le financement des syndicats et sur les organisations patronales. Sa conclusion dérange : seul 3 à 4% du financement des syndicats dépendrait des cotisations des adhérents. Pour le reste… Chut. Vous n’en saurez pas plus.

Vous ne connaitrez jamais le contenu du « rapport Perruchot ». A quelques semaines des présidentielle, la publication de son rapport a été rejetée en commission. Quiconque en diffuserait un extrait se placerait dans une situation de délit pénal et risquerait un an de prison. Deux hypothèses : soit Nicolas Perruchot raconte n’importe quoi. Soit ce qu’il a découvert est une véritable bombe. Dans les deux cas, cela mérite que chacun puisse lire le résultat de son travail.

En fait, et c’est ma conclusion : ces deux députés – mais je vous rassure, il y en a d’autres - prouvent que la politique ne se résume pas à quelques petites phrases et à quelques débats bien ficelés. Ils prouvent encore que tous les députés ne sont pas des « godillots ». Au moment où l’on demande des efforts à l’ensemble de la population, ces deux parlementaires qui traquent la dépense publique incarnent en fait toute la noblesse de l’élu. Ce sont eux les remparts les plus efficaces contre le poujadisme.

__ __

Une chronique réalisée en partenariat avec Le Point

Le Point logo
Le Point logo © Radio France
Le Point logo
Le Point logo © Radio France
  • L'histoire du jour- par Eric Delvaux

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.