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Une campagne qui ne dit pas son nom : celle de Nicolas Sarkozy

On pourrait parler de la drôle de non-campagne de Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat s’entête à dire qu’il n’est pas candidat, alors que toutes ses paroles, tous ses actes, tous ses déplacements sur le terrain sont imprégnés d’une tonalité électorale.

Dernier exemple en date : le dossier SeaFrance. Le projet de reprise des syndicats est connu depuis des semaines, et voilà que le Président décide, tout à trac, d’une réunion à l’Elysée. Quitte à désavouer ses ministres qui en sont chargés : vendredi, Thierry Mariani jugeait l’initiative des syndicats inapplicable, « suicidaire », disait-il. Mais Nicolas Sarkozy a perçu l’enjeu symbolique de ce dossier à l’approche de la présidentielle. Il ne lui a certainement pas échappé que Benoît Hamon avait annoncé, la semaine dernière, le soutien sans réserve du Parti socialiste au projet de coopérative ouvrière. En présence du porte-parole de la CFDT locale.

Peu importe que les experts en affaires sociales soient très dubitatifs sur la viabilité, au-delà de quelques mois, de ce projet… Une élection vaut bien quelques illusions.

- Ce n’est pas le seul exemple montrant que Nicolas Sarkozy est clairement en campagne

Il y en a, en effet, bien d’autres. Les réunions à l’Elysée pour préparer l’échéance de mai, sont légion. Le mardi, le chef de l’Etat continue de recevoir les hauts responsables de la droite dont Raffarin, Fillon, Juppé et Copé. Le jeudi, en fin de journée, il coache des jeunes députés qui lui servent de snipers contre François Hollande. Les ministres sont aussi reçus, par petits groupes, à dîner. Bref, l’Elysée s’est transformé en véritable QG de campagne avant l’heure.

En refusant de se déclarer candidat, Nicolas Sarkozy veut renvoyer François Hollande dans le camp de la politique politicienne pour se placer, lui, au dessus de la mêlée. Mais les électeurs ne sont pas dupes. Ils savent que la campagne est lancée et que le chef de l’Etat sera candidat à sa réélection.

Nicolas Sarkozy n’a de cesse de répéter que la présidentielle se jouera sur la capacité à dire la « vérité » aux Français. Il s’y plierait lui-même en affichant clairement ses intentions.

Et puis, franchement, il rendrait un grand service à ses ministres, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, hier, sur cette même antenne, obligés de se contorsionner pour claironner que Nicolas Sarkozy est totalement impliqué dans sa fonction et que non il n’est pas en campagne ! Tout sauf simple.

Une chronique en partenariat avec l'hebdomadaire L'Express

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