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  • L'édito politique - par Benjamin Sportouch , journaliste à l'hebdomadaire L'Express

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La tentative de re-présidentialisation de Nicolas Sarkozy- par Benjamin Sportouch, journaliste à l'hebdomadaire L'Express

L’entourage du chef de l’Etat n’a que ce mot à la bouche depuis quelques mois. Nicolas Sarkozy doit se « re-présidentialiser » pour espérer une nouvelle victoire en mai prochain. Lui qui nous avait habitués à une forte présence médiatique ne s’est plus adressé directement aux Français depuis le 27 février, soir du dernier grand remaniement du gouvernement. Sept mois, donc, sans allocution, sans émission de télé. Juste une conférence de presse fin juin, mais qui était limitée à un seul thème -le grand emprunt- et qui, par définition, concernait d’abord les journalistes. D’après certaines sources, il pourrait cependant s’exprimer avant le G20 de Cannes qui aura lieu début novembre.

- Cette re-présidentialisation passe donc essentiellement par le silence ?

En tous les cas par la rareté de la communication. Jacques Pilhan, le conseiller de François Mitterrand, « le sorcier de l’Elysée » comme l’avait appelé un éminent confrère, l’avait théorisé. Il appliqua la même recette avec Jacques Chirac : peu s’exprimer pour valoriser la parole, pour susciter l’intérêt. La distance devient le nouvel attribut du monarque républicain. Comme si parler beaucoup privait forcément d’une certaine hauteur de vue, d’une part d’autorité.

En 2007, Nicolas Sarkozy a voulu casser cette tradition, impose un nouveau style. Il espérait ainsi rapprocher les Français de la fonction présidentielle, mieux les incarner. Après tout, aux Etats-Unis par exemple, la parole du président est fréquente. Elle n’est pas pour autant dévalorisée.

Mais si l’intention du Président était bonne, piètre est le résultat. Son erreur n’est pas dans le volume de sa communication, elle est ailleurs.

En fait elle est triple.

Première maladresse : Nicolas Sarkozy a pensé que pour être clairement compris du peuple, il fallait parler comme lui. De là sont venues des formules à l’emporte-pièce et des dérapages verbaux.

Deuxième travers : le rythme effréné des annonces. Pendant près de trois ans et demi, le chef de l'Etat arrivait à chaque intervention dans les médias avec une nouvelle réforme sous le bras, sans en assurer le suivi, sans rendre des comptes sur celles passées ou en cours. De quoi donner le tournis et discréditer la parole politique dans son ensemble.

Dernière erreur, et pas la moindre : Nicolas Sarkozy a considéré qu’en monopolisant la parole, il pourrait asphyxier la polémique, faire taire l’opposition. Echec total. Il n’a fait qu’attiser la volonté des contestataires d’en découdre. Le Président de la République aurait pu réinventer le lien entre parole et politique. Au final, il l’aura malmené et même altéré. Une année ne suffira certainement pas à le réhabiliter. Lui ou son successeur devront s’y atteler dans leur intérêt et celui, plus encore, de la démocratie.

Une chronique en partenariat avec L'Express

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