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Hollande et les 75 %

Retour sur la proposition de François Hollande de taxer à 75% les revenus à partir d’un million d’euros Il y a plusieurs façons d’analyser cette improvisation de campagne. Stratégiquement, c’est une réussite. François Hollande apparaît en phase avec l’humeur populaire très frondeuse contre les privilégiés. La droite, elle, semble très embarrassée. Voyez-vous, ce n’est pas très tendance de défendre les plus riches, surtout quand on se prétend candidat du peuple comme Nicolas Sarkozy.

Voilà pour la stratégie. Mais sur le fond, hélas, nous revoici face à une maladie classique de la politique française : le saucisson fiscal. Il consiste à découper systématiquement les problèmes en tranches, sans jamais aborder l’ensemble du système d’imposition. Un coup je rabote quelques niches, un coup je baisse la TVA, un autre encore j’augmente un taux particulier.

Sur le fond, François Hollande propose une mesure parfaitement défendable, mais purement symbolique. Selon les experts, les rentrées attendues et le nombre de foyers concernés seraient faibles. Et puis, on le sait bien, les contribuables les plus riches ne sont pas seulement payés en salaire, mais aussi en revenus financiers, pas soumis à l’impôt sur le revenu. Sans parler des schémas d’optimisation fiscale, qui permettent d’échapper largement au fisc. Donc, inutile de craindre un exode massif des riches…

_- Cela dit, le candidat socialiste propose aussi d’augmenter le taux supérieur de l’impôt sur le revenu de 41 à 45%_

Oui, pour les revenus supérieurs à 150.000 euros. Mais encore une fois, c’est du saucisson. On aimerait bien entendre un discours pédagogique, responsable sur l’impôt et pas juste une chasse aux riches, même si leurs privilèges et leurs exemptions sont devenus insupportables par ces temps de crise.

On rêverait d’un candidat prêt à remettre à plat toute l’imposition, pour la simplifier, la rendre lisible et équitable, quitte à passer par un référendum. Un candidat qui dirait : en soi, l’impôt n’est ni bon ni mauvais ; il est indispensable. Il doit être juste car c’est le pilier de notre communauté nationale. Il sert à ce que vos parents soient bien soignés, à ce que vos enfants fréquentent de bonnes écoles, à ce que vos voitures roulent sur des routes de qualité, à ce que vous puissiez rentrer chez vous en sécurité, le soir.

Au lieu de dire cela, François Hollande choisit la facilité. L’odeur de la victoire pousse son camp à gérer l’avantage de façon pépère. Par exemple, le candidat socialiste remet aux calendes grecques la fusion entre l’impôt sur le revenu et la CSG, en prévoyant un simple rapprochement. C’est d’autant plus dommage que Nicolas Sarkozy traine le bouclier fiscal comme un boulet et n’est plus crédible sur ce thème.

Une chronique réalisée en partenariat avec le quotidien Le Monde

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