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Retour sur le premier anniversaire de la catastrophe de Fukushima :

Journée mondiale contre la cybercensure : Reporters sans Frontières publie son rapport annuel sur les ennemis d'Internet. Cette année, la liste des ennemis du Web s’allonge : on passe de 10 à 12 pays avec deux nouveaux venus, Bahrein et le Belarus. http://fr.rsf.org/entre-surveillance-et-filtrage-la-12-03-2012,42050.html- La chronique politique - par Piotr Smolar, journaliste au quotidienLe Monde

Le discours de Villepinte, prononcé par Nicolas Sarkozy… __

Ouf ! On a failli attendre, mais l’Europe occupe enfin une place centrale dans son propos. Ca nous change des mauvaises odeurs de la viande hallal. Rien à redire non plus sur son constat alarmant. « L'Europe doit reprendre__ son destin en main, sinon elle risque la dislocation », a expliqué Nicolas Sarkozy en évoquant même, très justement, le spectre des années 30. C’est vrai : l’UE souffre d’une crise majeure de légitimité, d’efficacité et d’absence de vision politique.

C’est ensuite que ça s’est gâté, quand le candidat a dépassé le constat pour avancer une de ses rare propositions : le sortie éventuelle de Schengen, dans un an, si le contrôle aux frontières extérieures de l’Europe n’était pas mieux assuré.

D’abord, petit rappel pour les amnésiques : la réforme de Schengen, Nicolas Sarkozy la réclamait déjà il y a un an, avec Silvio Berlusconi. A l’époque, le gouvernement italien avait décidé de régulariser 20.000 Tunisiens en leur donnant un titre de séjour de six mois, ce qui avait suscité la colère de Paris. Du coup, les deux capitales, qui refusaient de porter seules le poids des arrivants, avait menacé de se retirer de Schengen.

__- Mais cet exemple ne montre-t-il pas justement qu’il y a un problème de contrôle aux frontières extérieures de l’UE ?

Bien sûr qu’il y a un problème. Et personne, à part l’extrême gauche, n’est partisan du laxisme.

Mais pourquoi traiter par le mépris les pays en difficulté, comme s’il y avait des Européens de seconde classe ? La Grèce, par exemple, a une frontière très poreuse avec la Turquie. Le tiers des entrées irrégulières en Europe s’est fait par là en 2011. Seulement, je ne sais pas si vous êtes au courant mais l’Etat grec est en dépôt de bilan, il sabre dans ses effectifs et n’a pas forcément des milliers de douaniers à déployer.

Quelle est donc la solution ? La France, par exemple, a poussé Athènes à ériger une clôture géante de douze kilomètres, avec des barbelés et des caméras thermiques. Les spécialistes doutent de son efficacité. Mais voilà : c’est ça l’Europe qu’on nous inflige : une forteresse, avec des pays qui se replient sur eux-mêmes, sans aucune vision de leur avenir commun.

L’Europe n’a pas de politique migratoire. Au lieu d’en chercher les bases, Nicolas Sarkozy propose de saborder un des plus grands acquis de son histoire : la libre circulation des hommes. Rétablir des contrôles aux frontières de la France serait une aberration historique. Il y a une autre piste possible : la création d’une vraie police aux frontières européenne, avec une doctrine d’action unifiée. Cela aurait notamment un avantage : dénationaliser la politique migratoire. Ce qui n’arrangerait pas la droite française, qui aime tant jouer avec ce ressort, en période électorale.

Une chronique réalisée en partenariat avec le quotidien Le Monde

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