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La gauche et la nation - par Piotr Smolar , journaliste au quotidien Le Monde

C'est un sujet que les candidats à la primaire socialiste ont peu traité ces dernières semaines Je voudrais vous parler de la nation, la grande absente de ce moment démocratique fort. Pourtant, la nation n’est pas une antiquité. C’est la colle qui nous tient ensemble. Elle désigne un passé en partage, glorieux ou sombre, un avenir à dessiner, un territoire et une langue. D’accord, on ne meurt plus pour la nation dans nos campagnes, puisque l’armée a des drones et des pioupious professionnels ; mais à travers elle, nous sommes plus que de simples consommateurs, les représentants d’un sexe, d’un métier ou d’une région. Et pourtant, la nation est rarement évoquée par les responsables de gauche. Cela date sans doute de la décolonisation, de ses drames et de la culpabilité qu’ils ont engendrée. Seule Ségolène Royal ne semblait pas embarrassée par ce mot. François Hollande, lui, l’utilise avec parcimonie. Pourtant, en mai dernier dans Le Point , il avait trouvé des mots assez justes : « Il nous faut retrouver une fierté , disait-il. Non pas une fierté fondée sur le rejet de l'autre, sur le repli, sur la peur. Mais celle de porter des valeurs universelles, qui veut un monde plus équilibré, et qui fait prévaloir les règles de la démocratie sur le désordre des marchés »

- Mais l’affrontement gauche-droite ne commence que maintenant, peut-être que la nation va ressurgir dans le débat ?

Espérons-le ! François Hollande ne peut pas faire l’impasse. Les angoisses de la société française sont certes liées à la crise, à la précarité et au chômage, mais aussi à aux questions identitaires. Une gauche moderne doit trouver un ton juste et serein : parler de la nation est totalement compatible avec son aspiration au progrès social. Pour cela, la gauche doit s’écarter de deux bords dangereux : l’approche essentialiste de la droite, pour laquelle la nation est à la fois immuable et menacée, et celle de la gauche marxisante, qui méprise ce sujet et prétend que tout est économique. La deuxième raison pour laquelle François Hollande doit s’emparer de la nation est évidente : Nicolas Sarkozy l’attendra sur ce terrain. On s’en souvient, en 2007, il avait accompli une révolution intérieure en se faisant le chantre de la nation, grâce au lyrisme d’Henri Guaino. Pourtant, tous ceux qui l’avaient côtoyé auparavant savent que cette sensibilité lui était étrangère. Avec une grande habileté, le candidat Sarkozy avait réussi à adopter ce langage et à asphyxier l’extrême droite. C’est après que ça c’est gâté. Comment pourrait-on oublier la création du sinistre ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, heureusement disparu depuis ?

Une chronique en partenariat avec Le Monde

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