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  • Ce qui fait débat dans la presse - par Eric Delvaux

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  • La chaîne YouTube de Sesame Street, une des émissions pour enfants les plus populaires aux Etats-Unis, a été piratée aux Etats-Unis. Pendant 20 minutes, les vidéos des meilleurs moments de l'émission ont été remplacées par des films pornographiques. A lire sur TheNextWeb.

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  • L'édito politique

La langue de bois, version moderne - par Benjamin Sportouch , journaliste à l'hebdomadaire L'Express

Si vous étiez devant vos télés pour les deux tours de la primaire socialiste, vous avez certainement entendu les leaders de la majorité, les ministres, s’en prendre à l’opposition et vice-versa. Le jeu habituel de la démocratie. Jusque-là, donc, rien d’anormal.

Ce qui l’était davantage, en revanche, c’est la répétition de formules identiques dans la bouche des politiques. On appelle ça les « éléments de langage ». Des petites phrases concoctées en amont, une sorte de prêt-à-penser servi sur les plateaux télé.

Dimanche soir, Jean-François Copé a ainsi été le premier à ironiser sur le résultat de François Hollande. Pour le patron de l’UMP, Hollande aurait dû gagner avec « un score de 70% », parce que,_ a-t-il dit,« tout le monde était avec lui »._ Un peu plus tard, sur une chaîne concurrente, bis repetita. Quasiment les mêmes mots, mais cette fois, dans la voix du ministre des Transports, Thierry Mariani.

Le principe n’est pas nouveau. Mais là, il fait l’objet d’une organisation précise. Le parti présidentiel a monté un groupe spécial avec des députés, des ministres, pour mettre au point ces éléments de langage. Une cellule baptisée « Riposte » qui se réunit une fois par semaine.

Ce n’est, bien sûr, pas propre à la droite. Le soir du premier tour, dans le camp de Martine Aubry, qu’a-t-on entendu ? Pour renvoyer François Hollande au « centre gauche », Martine Aubry était placée, elle, par ses partisans au « centre de la gauche ». Un leitmotiv qui n’a pas eu beaucoup de succès. Il faut dire que le message était un peu compliqué.

- Ca ne fonctionne pas toujours, on dirait !

Et c’est tant mieux. Je n’irai pas jusqu’à prétendre que les éléments de langage sont, comme certains le clament, une « organisation du mensonge », mais ils participent sans aucun doute à la réduction de la pensée et du débat. Les électeurs ne sont pas dupes.

Et au final d’ailleurs ça peut être contre-productif ! Un exemple tout frais : qui a fait le plus parler d’elle dimanche soir ? Nadine Morano, la ministre en charge de la Formation professionnelle. C’est une grande gueule pas toujours très nuancée, je vous l’accorde, mais qui a le mérite de s’exprimer librement.

Qu’a-t-elle dit, au juste ? Que Martine Aubry devrait démissionner de son poste. Il se trouve que c’est une vraie question au vu du revers subi par la première secrétaire du PS, et c'est la seule à l'avoir posée. Figurez-vous que Nadine Morano refuse d’assister aux réunions de la cellule Riposte de son parti. C’est peut-être là la raison de son succès : penser par elle-même, plutôt qu’ânonner un discours prémâché. La politique vaut mieux que du fast-food médiatique.

Une chronique en partenariat avec L'Express

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