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Par Eric Delvaux

Un jour sur la toile

Par Hélène Chevallier

La bataille pour le leadership de l'UMP

La chronique politique de Benjamin Sportouch , de L'Express

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Jean-François Copé l'a annoncé dès dimanche soir : l'UMP désignera son nouveau président en novembre. Et d'ici là il a invité à un grand débat sur l'avenir du mouvement. Inviter , le mot est faible. L'UMP ne pourra pas faire l'économie d'une réflexion sur ses valeurs. Dans l'entretien qu'il a accordé à l'Express et que nous publions demain, Jean-François Copé balaie d'un revers de la main l'idée d'un renouveau idéologique. Selon lui, le seul débat qui vaille c'est celui d'une « alliance électorale » avec le Front national. Il la refuse tout net.

Le reste est secondaire. Mais c'est aller un peu vite en besogne. C'est une chose d'affirmer que l'UMP ne fraiera pas avec l'extrême-droite, c'en est une autre, beaucoup plus ardue, de convaincre les militants et les sympathisants du bien-fondé d'une telle attitude et de leur offrir une alternative. D'autant qu'une très large majorité d'entre eux est favorable à une alliance entre l'UMP et le FN.

En affirmant entre les deux tours de la présidentielle que le Front national était compatible avec la République, Nicolas Sarkozy a fait sauter une digue. Il faut aujourd'hui réparer les dégâts. Et ce n'est pas la stratégie du « Ni-ni », ni Front républicain, ni Front national qui y aidera.

- Pourtant tous les responsables de l'UMP s'y sont ralliés.

Oui au nom d'un prétendu rassemblement et pour mieux s'en détacher aussitôt les élections législatives passées. Alain Juppé le dit haut et fort dans le Monde d'aujourd'hui: « L'UMP doit clarifier ses valeurs ». Jean-Pierre Raffarin ou encore Xavier Bertrand ne réclament pas autre chose. Dire que Front national égale Front de gauche ne peut constituer une ligne de défense. L'électorat du centre droit ne peut pas adhérer à une équation aussi caricaturale. Ces électeurs modérés pourraient se retrouver orphelin politiquement faute d'un parti incarnant le respect de leurs principes. La réaffirmation du droit du sol par exemple que le parti de Marine Le Pen entend supprimer.

Rien ne serait pire pour la droite républicaine que d'accréditer, par facilité ou découragement, l'idée que les fondamentaux du Front national ont changé. Derrière le visage d'une jeune fille de son temps, Marion Maréchal Le Pen incarne toujours la même époque, celle de son grand père fondée sur le rejet et la stigmatisation.

Pour espérer revenir au pouvoir, l'UMP a le droit de se chercher. En revanche, elle a le devoir de s'éloigner des démons de l'extrême-droite.

Demain dans l'Express : cette question à la Une : après le tweet de Valérie Trierweiler et la chute de Ségolène Royal : Qui est le chef ?

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