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La place de la politique étrangère dans la campagne présidentielle

Comme à chaque élection majeure, on assiste au même phénomène paranormal : la France devient une île. Rien, dans les bouleversements du monde actuel, ne semble vraiment peser sur ses débats. Ce sont juste des bruits de fond sur lesquels les candidats rivalisent de virilité.

La politique en France reste marquée par le culte de la puissance publique. On continue à broder sur le thème de l’Etat omnipotent. Elisez l’homme le plus fort du pays et le monde nous suivra car, c’est bien connu, la France montre la voie.

Il y a différentes explications à ce phénomène : d’abord, la politique étrangère n’a jamais décidé d’une présidentielle. Ensuite, la France n’a pas été ravagée par la crise que des pays comme la Grèce ou l’Espagne. Cette crise est dans tous les discours, mais elle ne provoque pas un sentiment d’urgence, un électrochoc politique.

Enfin, dernière raison, et non la moindre : il est difficile aujourd’hui de définir ce que serait une politique étrangère de gauche. Le consensus est très large. La preuve : la droite utilise surtout ce thème sur le plan du caractère et de l’expérience, pour souligner que François Hollande manquerait des deux.

- Cela dit, on voit une vraie différence entre Nicolas Sarkozy et François Hollande : sur l’Europe.

C’est vrai, François Hollande veut renégocier le pacte de stabilité, même si on a du mal à comprendre ce qu’il veut y ajouter. Mais quelle est l’ambiance générale ? Tous les candidats font de l’Europe un punching-ball. Tous ! Elle sert de repoussoir, de défouloir, de réceptacle des peurs. Il n’y a plus personne pour la défendre, pour en brandir l’étendard froissé par la crise.

Les candidats pensent que l’Europe est devenue radioactive aux yeux des citoyens. Nicolas Sarkozy dit : il faut la repolitiser et ne pas la laisser aux technocrates et aux tribunaux. Ca veut dire quoi ? Qu’il veut la renationaliser et redonner le pouvoir aux capitales.

On peut trouver ça bien ou mal ; mais commençons déjà par interroger les candidats sur ce point. Par leur demander : ok pour la rigueur budgétaire, mais quelles frontières et quelles institutions imaginez-vous pour l’Europe dans dix ans ?

Malheureusement – désolé pour cette absence de confraternité – les journalistes politiques manquent de culture européenne et d’intérêt pour ces questions. Du coup, on continue de demander à François Bayrou s’il est de gauche ou de droite, à Mélenchon s’il appellera à voter Holllande au 2e tour, à Hollande s’il n’a pas peur du grand retour de Sarkozy. Bref, des questions de pure tambouille politique, qui lassent vite. La France va vivre un rendez-vous électoral majeur en mai. L’Italie suivra en 2012, l’Allemagne en 2013. La question, la seule, qui devrait nous obséder est la suivante : quel projet européen au service des peuples ?

Une chronique réalisée en partenariat avec le quotidien Le Monde

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