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  • L'édito politique

_ Nicolas Sarkozy, transfuge du populisme ?-_ p ar Piotr Smolar , du quotidien Le Monde

Nicolas Sarkozy veut être en prise directe avec le peuple

Vous l’avez entendu hier : « Je veux être le candidat du peuple de France et non celui d’une petite élite ». Quelle élite ? Il faudra lui demander. En tout cas, quand on est président sortant, il faut un sacré aplomb pour se poser en candidat antisystème. Nicolas Sarkozy tente de souffler sur des braises éteintes, celle de sa victoire en 2007. Ses propositions ?

Pour l’instant, il y en a trois : le recours au référendum ; l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives (déjà suggérée par Brice Hortefeux à quelques jours du premier tour, en 2007) ; et enfin, la baisse du nombre de parlementaires.

Combien, quand, seulement à l’Assemblée ou également au Sénat ? Mystère. Le flou que Nicolas Sarkozy reproche à François Hollande semble l’avoir contaminé. -En tout cas, ces trois propositions vont dans le même sens : répondre à la crise de légitimité des politiques

Quel paradoxe ! Le président sortant veut donner de l’air à la démocratie française, et en même temps étouffer les corps intermédiaires, les syndicats ! Nicolas Sarkozy est un homme politique totalement moderne, c’est-à-dire mutant, aux convictions souples comme le roseau. Mais sa stratégie actuelle le déporte très loin, et ce n’est pas une question de droite plus ou moins dure. Observez l’Europe. Elle ne se divise plus schématiquement entre la gauche et la droite. Le vrai clivage, c’est le populisme contre la technocratie. La technocratie est ce puissant courant qui tend depuis 20 ans à transférer les compétences des capitales vers Bruxelles. Un transfert sans la légitimité du suffrage universel et sans projet politique global pour le continent autre que la ceinture d’austérité. François Hollande affirme qu’une fois élu, il renégociera le traité sur la discipline budgétaire. Mais la vérité, c’est que sur l’Europe, les socialistes et l’UMP ont été globalement d’accord sur tout, depuis le traité de Maastricht. Et ce, malgré les divisions au sein du PS, au moment du référendum de 2005. En face de cette technocratie triomphante, on assiste à la montée de mouvements nationaux populistes. C’est vrai aux Pays-Bas, en Finlande, en Pologne, en Hongrie, en France aussi. Ils revêtent des formes différentes selon les pays, mais sont marqués par le rejet des élites, de l’Union européenne et des étrangers. Technocratie contre populisme : le choix est terrifiant. D’un côté, la politique réduite à de la gestion managériale ; de l’autre, la politique réduite à des pulsions. Le pari que tente Nicolas Sarkozy est de passer d’un camp à l’autre en une campagne. On verra si les Français apprécieront cette performance d’acteur.

Une chronique réalisée en partenariat avec le quotidien Le Monde

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