• A la Une de la presse ce matin -par Nicolas Teillard

  • Ce qui fait débat dans les pages médias - par Nicolas Teillard

  • Un jour sur la toile - par Hélène Chevallier

La tuerie de Toulouse. A lire notamment sur le Net "Le premier qui dérape a perdu" sur Rue 89 sur le dilemne des candidats à l'élection présidentielle où comment ne pas être accusé de récupération politique tout en étant présent. En faire trop c'est aussi la question posée par Slate.fr mais du côté des médias avec ce reportage d'Elise Costa "Etes-vous soulagés que vos enfants aillent bien?".

Syrian Stories . Un site que l'on doit aux collectifs de journalistes Uprising Stories et qui propose de rassembler des vidéos de Syriens. Malgré la censure de Damas, des vidéos des bombardements, des manifestations, de témoignages sont mises en ligne quotidiennement sur Youtube. Des vidéos recensées et sauvegardées par le groupe de hacker Telecomix dans une base de données. Syrian Stories pioche dans ces vidéos, les traduit, et les contextualise.

Retour sur le drame de Toulouse qui se produit à quasiment un mois du premier tour de l’élection présidentielle.

Oui, hier tous les candidats ont réagi et on ne peut que se féliciter de leurs attitudes républicaines, même Marine Le Pen a fait preuve de sobriété. Mettre entre parenthèses la campagne électorale face à une telle tragédie relève de l’évidence. C’est aussi la preuve que la démocratie française est une démocratie solide, mature, qui sait se réunir dans l’épreuve. Rien que de plus normal que de voir Nicolas Sarkozy organiser une réunion de crise à l’Elysée et intervenir à la télévision. Candidat il est mais président il demeure. Car ce n’est pas un simple fait divers. Ce drame touche à deux institutions fortes, l’Armée et l’Ecole, deux piliers qui, chacun à leur place, structurent notre vivre ensemble.

Que François Hollande se rende aussi sur place et dise son émotion tout comme François Bayrou d’ailleurs, c’est aussi tout à fait justifié. C’est l’inverse qui ne l’aurait pas été. Personne n’aurait compris que des personnalités publiques qui aspirent aux plus hautes responsabilités ne fassent pas la démarche.

- Est-ce que ça peut être un tournant dans la campagne ?

La question est sur la table. On ne peut pas le nier. Mais il est trop tôt pour y répondre et peut être même un peu indécent de vouloir le faire alors que le tueur court toujours et que des familles sont meurtries. Ce qui est sur c’est que la campagne va reprendre ses droits et il existe un risque d’instrumentalisation. Et l’histoire est là pour nous le rappeler. Il y a eu un précédent en période électorale. C’était en mars 2002, la tuerie de Nanterre, lorsqu’un déséquilibré avait fait feu sur des conseillers municipaux en pleine séance tuant huit d’entre eux. A l’époque Jacques Chirac avait fait le lien avec l’insécurité, qui était le principal axe de sa campagne face à Lionel Jospin. Un certain François Hollande, au nom du parti socialiste avait alors mis en garde, je cite, ceux « qui en feraient un argument de campagne électorale ». On connaît la suite.

A ce stade, aucun des deux grands candidats ne s’est aventuré sur ce terrain là. Et il n’est pas certain que l’un comme l’autre gagnent à le faire tant l’émotion est forte et dépasse les clivages.

Ce qui est certain c’est que la campagne va prendre une tonalité plus grave et que les mots des uns et des autres seront regardés, pour partie au moins, à l’aune de ce drame. Il sera plus difficile d’user des mots teintés d’agressivité pour fustiger son adversaire ou tout sincèrement décliner ses thèmes de campagne. La responsabilité des candidats, de tous les candidats, n’en est que renforcée.

Une chronique en partenariat avec l'hebdomadaire L'Express

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