• A la Une de vos journaux ce matin -par Eric Delvaux

__

  • Ce qui fait débat dans la presse- parEric Delvaux

__

  • La chronique politique

Sarkozy : réveillez la bête de scène ! - par Anna Cabana, grand reporter au Point

Parlons de Nicolas Sarkozy et de son entrée en campagne…

De son entrée en scène, plus exactement. J’ai assisté à ses deux premiers meetings de campagne, à Annecy et à Marseille. Il y a quelque chose de frappant: on dirait qu’il a perdu le sens de la scène. Car il l’avait. Sarkozy était un show man hors pair. En 2007, pendant la dernière campagne présidentielle, il avait théorisé le fait que monter sur une scène, pour un homme politique comme pour un comédien ou un humoriste, c’est offrir un spectacle. Un spectacle « populaire », répétait-il. A l’époque, il n’avait pas honte de se présenter comme « un gros populaire » - c’étaient ses mots - ; il n’avait pas honte de dire qu’il admirait Bigard ; il était fier d’enlever sa chemise trempée dès qu’il regagnait sa loge et de l’essorer devant vous pour montrer combien il avait donné de lui.

- Vous n’exagérez pas un peu ?

Je l’ai vu le faire. Il disait que le public devait « en avoir pour son argent », il expliquait qu’il voulait « posséder » la salle. Il savait créer de la connivence avec l’assistance, la faire rire. Il avait inventé des effets de manche et de scène. Il arrivait par le fond de la salle, et pendant une dizaine de minutes, sur une musique galvanisante, il traversait la foule pour rejoindre la scène. Il prenait soin de faire monter l’attente, le plaisir, la ferveur. Aujourd’hui, tout ça c’est fini. A Annecy comme à Marseille, il arrive sur le côté de l’estrade ; une minute plus tard, il est devant le micro. Et si les militants applaudissent un peu trop longtemps, ses mains demandent le silence, il semble pressé de pouvoir reprendre le cours de son discours. D’ailleurs - et ça aussi c’est notable - il ne sort pas un instant du texte écrit, il le lit de bout en bout, alors qu’avant, il multipliait les digressions improvisées.

- Comment expliquez-vous cela ?

Il a mis tellement de temps à endosser le costume du président que maintenant, il a du mal à l’enlever. Au lieu de jouer avec son public, il vient lui délivrer la bonne parole. Ses conseillers disent qu’il faut lui laisser le temps de se rôder, que ces cinq années passées à l’Elysée ont engourdi la bête de scène. Il est temps qu’elle se réveille !

__

Une chronique réalisée en partenariat avec Le Point

Le Point logo
Le Point logo © Radio France
Le Point logo
Le Point logo © Radio France
  • L'histoire du jour -par Eric Delvaux

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.