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François d'hier et d'aujourd'hui - par Piotr Smolar, journaliste au quotidien Le Monde

C'est une ombre de plus en plus présente au-dessus de François Hollande. Une ombre avec un chapeau ! Cela fait des mois que ça dure : François Hollande développe un fétichisme mitterrandien. Logique : c’est le seul président de gauche élu en un demi-siècle. Mais la référence est plus qu’un clin d’œil historique. Il y a aussi des points communs entre les deux hommes.

La ténacité, d’abord. Avant d’être élu, François Mitterrand fut un pilier de la IVème République, puis un candidat malheureux, à deux reprises, à la présidentielle. Hollande, lui, a dirigé le PS pendant 10 ans, puis il a dû passer son tour devant Ségolène Royal, en 2007. 2012, c’est son moment.

Deuxième point commun : l’ancrage dans un territoire, le fameux label terroir. Sa Corrèze d’adoption, Hollande l’a travaillée, comme Mitterrand avait labouré la Nièvre.

Troisième similitude, que François Hollande exploite dans ses discours, c’est le contexte. Fin 1980, Giscard le modernisateur était encore favori de la présidentielle à venir, mais il était déjà essoré par le double choc pétrolier, la montée du chômage de masse et le scandale des diamants de Bokassa. Déliquescence morale plus impuissance politique, ça ne vous rappelle rien ?

- En quoi François Mitterrand aide-t-il à penser et à résoudre la crise actuelle ?

En rien ! Et c’est pour ça que sa momification est exaspérante.

« Changer la vie », en 1981, était un formidable espoir, mais aussi une forme d'escroquerie, démontée dès 1983 avec le tournant de la rigueur.

Aujourd’hui, personne ne croit qu’on puisse « réenchanter le rêve françai s », selon l’expression de François Hollande. La réalité est là, glauque, devant nos yeux : l’Europe est au bord du gouffre, l’économie à l’arrêt et les peuples grondent.

Que ferait la gauche, si elle était au pouvoir ? Difficile à dire, car les socialistes n’ont plus été au gouvernement depuis 10 ans, à l’Elysée depuis 16 ans. Une chose est sûre : leur culture des affaires internationales est faible. Comme on dirait d’un sportif, ils sont rouillés. La preuve : leur référence interne, en matière de politique étrangère, reste Hubert Védrine, le gardien du temple mitterrandien.

Mitterrand, vous vous souvenez ? Un grand européen, c'est certain, mais aussi un président pétrifié par la chute du mur de Berlin, un président qui a reconnu les putschistes soviétiques en août 1991 contre Gorbatchev, soutenu le régime hutu, au Rwanda, jusqu’à la veille du génocide et refusé d’intervenir en Bosnie pour arrêter les massacres serbes. Face aux tourments actuels, mieux vaut peut-être que François Hollande laisse l’ancien président aux historiens.

Une chronique en partenariat avec Le Monde

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