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Nicolas Sarkozy, grand défenseur du nucléaire - par Piotr Smolar , journaliste au quotidien Le Monde

Vous avez entendu le Président ? « Le nucléaire n'est ni de droite, ni de gauche, il est l'intérêt supérieur de la France ». Compris ? Circulez ! Pour résumer brutalement: si vous êtes contre le nucléaire, vous êtes contre la France.

Nicolas Sarkozy prétend défendre un « consensus national de plus de 65 ans ». En réalité, ce consensus est une chape de plomb. Le nucléaire, en France, relève du secret d’Etat. Après notre siège au Conseil de sécurité de l’ONU, c’est le deuxième pilier de notre puissance émoussée. Mais contrairement à ce que prétend la droite, le débat sur le nucléaire est non seulement légitime, mais indispensable. La catastrophe de Fukushima au Japon, dans un des pays les plus modernes du monde, a provoqué une prise de conscience. Trois pays, en Europe, ont déjà annoncé leur sortie du nucléaire, même s’ils en dépendent bien moins que nous : la Suisse, la Belgique et l’Allemagne. Oui, l’Allemagne, ce pays avec lequel le gouvernement veut converger du matin au soir…

- En tout cas, Nicolas Sarkozy aura réussi à placer la gauche dans l’embarras Le Président brandit une alternative infantilisante : la bougie ou l’atome. La ficelle est grosse, mais classique contre la gauche. Face à la délinquance, elle serait forcément laxiste ; en matière de finances publiques, trop dépensière ; et sur le nucléaire, elle serait possédée par le démon vert. Or personne, à part les écologistes radicaux, ne parle de sortie complète et rapide du nucléaire. Le PS a fixé un objectif : faire passer la part du nucléaire de 75% à 50% dans notre bilan électrique d’ici 2025, avec la fermeture de 24 réacteurs sur 58. En fait, tout le monde pense la même chose : la France doit développer des sources d’énergie alternatives, mais dans un avenir proche, sur 20 ans, ses centrales ne sont pas prêtes de fermer. Nicolas Sarkozy a fait un bon coup politique. Il s’érige en garant du progrès, des intérêts de la Nation et des emplois industriels. Soit un triple hold-up. En matière d’emplois, on voit bien le chantage en temps de crise. Mais pourquoi la droite ne parle-t-elle pas des créations de postes futures pour exploiter les énergies renouvelables ? Passons aux intérêts de la Nation. Ils peuvent être définis de différentes façons. La souveraineté énergétique en est une. Mais la sécurité des habitants, la propreté de leurs sols, en est une autre. Et enfin, la notion de progrès, très relative. J’ai eu l’occasion de me rendre dans la zone de contamination de Tchernobyl ; ça vous vaccine à jamais. On n’est pas obligé de prôner l’éclairage à la bougie pour refuser de s’incliner devant le dieu atome.

Une chronique en partenariat avec Le Monde

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Le Carrefour du 6/7 du 27 juin

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