• A la Une de vos journaux ce matin -par Eric Delvaux

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  • Le buzz du jour- par Hélène Chevallier

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  • Ce qui fait débat dans la presse- par Eric Delvaux

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  • L'édito politique- par Piotr Smolar, journaliste au quotidien Le Monde

"La chasse aux riches est ouverte !"

Une chronique en partenariat avec Le Monde

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  • L'histoire du jour- par Eric Delvaux

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  • Reportage autour du Web -par Hélène Chevallier

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  • Le coup decœurd'Audrey- par Audrey Pulvar

L'Edito Politique, par Piotr Smolar, journaliste au quotidien Le Monde

Ce week-end marquait la rentrée politique chez les socialistes, avec les universités d’été de La Rochelle. L’unité affichée entre les candidats se fait aussi sur un thème commun… « Dès qu’il s’agit d’rosser les cognes – ou plutôt les riches- tout l’monde s’ réconcilie » !

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Effectivement : la chasse aux riches est ouverte. Tous les candidats dénoncent, à juste titre, les écarts de revenus qui se sont creusés depuis 20 ans, la financiarisation de l’économie ou encore les cadeaux fiscaux. Vous avez entendu François Hollande, au tempérament révolutionnaire bien connu ? « Qu’ils nous attendent, nous arrivons ! » a-t-il lancé en guise d’avertissement. Ca fait penser à d’autres mots, prononcés il y a 40 ans par François Mitterrand, au congrès d’Epinay. Le futur président attaquait alors "les puissances de l’argent, l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes". On comprend les candidats socialistes : taper sur les riches, c’est facile et efficace. Ca permet aussi de gauchir son image, alors qu’on a du mal à distinguer, en Europe, une austérité de gauche d’une austérité de droite. Et puis, autant profiter du fait que la droite est empêtrée dans ses contradictions.

- Comment ça contradictions ? Vous n’êtes donc pas convaincu par la nouvelle taxe pour les « plus hauts revenus » annoncée par François Fillon ?

« Contribution exceptionnelle » : quelle expression délicate ! On a l’impression qu’à droite, une main retient l’autre quand il s’agit des catégories aisées. Pas besoin d’être fortiche en maths pour faire le calcul : au printemps, le gouvernement a raboté l’impôt sur la fortune. Soit 1,8 milliards de moins dans les caisses. Aujourd’hui, on instaure une contribution visant à taxer à 3% les plus hauts revenus. Bénéfice pour l’Etat : 200 millions. On est donc bien dans le cosmétique, sous la pression de l’opinion publique. Chers amis riches, si vous nous écoutez, ne demandez pas l’asile politique en Suisse ou aux Bermudes, pour l’instant vous ne risquez rien. Pourtant, les grandes crises doivent justement servir à trouver des marges de manœuvre. Petit rappel historique : en 1932, quand Roosevelt devient Président des Etats-Unis, le taux d’imposition pour les plus riches était de 25 %. Il décida immédiatement de le monter à 63%, puis jusqu’à 91% en 1941. Et cela sans que l’économie américaine en souffre.

- Justement, tous les candidats socialistes veulent « remettre à plat » la fiscalité…

Oui, mais on reste encore dans le brouillard sur les détails de cette réforme. On change la charpente ou l’on repeint juste les murs ? Or 2012, c’est le moment ou jamais pour revoir un système fiscal à bout de souffle. Nous avons aujourd’hui un double problème. D’abord, les recettes sont insuffisantes car l’assiette de l’impôt sur le revenu et sa graduation sont à revoir. Seulement la moitié des contribuables paient cet impôt, qui est censé symboliser un des fondements de la communauté nationale. Quant aux plus riches, il ne s’agit pas seulement d’augmenter leur taux d’imposition, mais de mieux prendre en compte tous les revenus dans le calcul. Et puis, nous avons un problème presque philosophique avec l’impôt. On n’en perçoit plus la logique, la vertu, surtout lorsqu’on voit les services publics se dégrader, les tribunaux et les hôpitaux fermer. Par ces temps de crise historique, l’impôt n’est plus vu comme un instrument de justice sociale. C’est ça, le chantier de la gauche.

Une chronique réalisée en partenariat avec Le Monde

Le Monde
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Le coup de cœur d'Audrey - par Audrey Pulvar C’est l’un des livres de cette rentrée littéraire que j’ai adoré. C’est Jayne Mansfield 1967 , de Simon LIBERATI, chez Grasset. On est à mi-chemin entre la complexité, la brutalité aussi d’un James ELLROY et la précision clinique d’un Truman CAPOTE.

Liberati nous raconte la mort, dans un accident de la route de la pin-up présentée comme la plus sexy et la plus médiatique des années 60 aux Etats-Unis. Une autopsie, surtout, de la société du spectacle vulgaire et destructrice qui broya tant de personnalités, dont celle de Marilyn Monroe.

C’est puissant et effrayant à la fois.

La première phrase du livre ? « Aux basses heures de la nuit, le 29 juin 1967, sur un tronçon de la route US 90 qui relie la ville de Biloxi à la Nouvelle-Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé, modèle 66, se trouva engagée dans une collision mortelle . »

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