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  • Ce qui fait débat dans la presse- par Eric Delvaux

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  • Un jour sur la toile- par Hélène Chevallier
  • L'édito politique
Le Monde
Le Monde © Radio France

Le Che version 2012 ne fait plus recette par Marion Lagardère, du service politique de France Inter

J’aurais pu vous parler de l’homme qu’on ne pouvait pas rater hier soir : Nicolas Sarkozy. C’est vrai. Mais voilà, à la télé, il y avait aussi Jean-Pierre Chevènement. C'était sur M6, à minuit, de manière un peu confidentielle. Comme cette phrase trouvée dans une colonne du JDD page 9 : « Je me donne une grande souplesse, soit pour maintenir ma candidature, soit pour la retirer sur la base d’un accord politique en faveur d’un candidat qui peut être François Hollande mais pas forcément »…

C’est long, torturé, mais finalement chargé de sens. Passons l’expression « grande souplesse » pour aller directement à « maintenir ma candidature ». Son équipe fait l'état des lieux ainsi : 300 promesses de parrainages, mais pas beaucoup d’argent, une campagne low cost, sans meeting, « pas facile », de l’aveu même d’un proche du sénateur, « on essaye de vendre ses idées tout en sachant qu’on ne va rien gagner, et qu’il peut retirer sa candidature ». Conclusion : ça manque un peu de motivation... - C’est donc la deuxième option : que Jean-Pierre Chevènement retire sa candidature au profit de François Hollande__ Et il dit : « sur la base d’un accord politique ». Effectivement, il y a bien des négociations pour les législatives avec le PS. Les discussions ont débuté en mai, se sont arrêtées pendant les primaires et ont repris en décembre. Problème : le MRC arrive en fin de distribution. Les six sièges que voulaient les chevènementistes ne sont même plus d’actualité.

Par exemple, ils avaient demandé la 9ème circonscription de Haute-Garonne. L’affaire était entendue jusqu’à ce qu’y soit finalement parachuté… Christophe Borgel, le responsable des élections au PS ! De quoi agacer Jean-Pierre Chevènement. Agacer au point de dire qu’il ne rallierait « pas forcément » François Hollande. - Evidemment, il fait allusion à Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche Les deux hommes se connaissent bien, tous deux anciens socialistes et anciens ministres. Jean-Pierre Chevènement dit lui-même qu'il n'est « pas hostile à Mélenchon ». Il ajoute : «je le regarde avec sympathie mais j'ai l'impression qu'il est un remake d'un temps revolu ».

Au Front de Gauche, le sujet fait polémique. Pour Eric Coquerel, le conseiller spécial de Jean-Luc Mélenchon, qui a fait la campagne du Che en 2002, « un ticket Mélenchon-Chevènement, ça aurait de la gueule ».

D’autres, plus sceptiques, pensent que le Che ne veut qu'une chose : faire monter les enchères avec les socialistes. Côté PS justement, pour Claude Bartolone : « le temps n’est plus au marchandage ».

Traduction : en 2007, il avait fait moins de chichis avant de rallier Ségolène Royal. Le Che de 2012 n'a vraiment plus la force de frappe du Che 2002. Analyse de l'un de ses fidèles : « il a plus de 70 ans, c’est quelque chose qui pouvait être un atout avant, mais qui est devenu aujourd’hui un handicap ».

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