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Sarkozy : sa campagne ne lui coûte pas un sou ! - par Anna Cabana, grand reporter au Point

Je voudrais vous parler du Président de la République et plus exactement, de ses escapades électoralistes aux frais de la République. Hier, Nicolas Sarkozy était dans le Gers pour tenter de se rabibocher avec les agriculteurs. Rien que ce mois-ci, il a fait sept déplacements en province en ciblant, à chaque fois, une catégorie d’électeurs spécifique. Un aller-retour à Strasbourg pour reconquérir les étudiants ; un pèlerinage à Colombey-les-deux-Eglises pour montrer aux gaullistes qu’il pense à eux ; une escapade à Bordeaux pour faire des œillades à la droite de la droite en dénonçant les fraudes sociales ; une visite à Avignon pour dire qu’il fera tout pour la musique et les artistes ; un déplacement à Toulouse au Centre National d’Etudes Spatiales pour faire un clin d’œil aux chercheurs ; une virée au Tricastin pour draguer ceux qui n’ont rien contre le nucléaire et qui estiment, comme lui-même l’a naguère avoué, que l’environnement, « ça commence à bien faire ». Bref, il n’y a quasiment plus une sortie du Président qui ne soit pas une partie de campagne électorale du candidat. C’est devenu tellement criant qu’on ne peut pas ne pas se poser la question du financement.

- Nicolas Sarkozy est donc en campagne sur les fonds publics ?

Et ça se voit de plus en plus ! Or, il a l’intention de repousser le plus tard possible son entrée officielle en campagne. Ce ne sera pas avant février, peut-être même début mars. La question est la suivante : à partir de quand va-t-il imputer ses déplacements à son compte de campagne ? Car je peux vous dire qu’il ne va pas arrêter ses virées sur le terrain. Un de ses amis appelle ça « l’opération ‘je suis moins mauvais qu’Hollande’». Précisément, les socialistes ne vont pas le laisser utiliser les moyens de l’Etat pour financer cette «opération ».

Benoît Hamon commence de s’en offusquer. Mais nul ne s’est encore souvenu que le plan d’austérité annoncé début novembre prévoit une réduction de 5% du taux de remboursement par l’Etat des dépenses électorales. Sarkozy a beau jeu de faire faire des économies à l’Etat sur le dos des candidats qui, eux, sont obligés de financer l’intégralité de leur campagne.

Une chose est sûre : cette campagne qui, pour l’instant, ne lui coûte pas un sou, est plutôt payante dans les sondages. A ses yeux, rien d’autre ne compte.

Une chronique réalisée en partenariat avec Le Point

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