Une histoire de la surveillance, depuis les « mouches » de Louis XV jusqu'aux GAFAM, avec une grande nouveauté : aujourd'hui, c'est nous qui nous exposons volontiers.

Bernard Harcourt, c’est tout ce que j’aime chez les intellectuels de la côte est des Etats-Unis. Il est capable de raconter des choses d’une dureté totale envers l’Etat américain, envers certaines grandes entreprises du numérique, envers le pouvoir en général mais avec une voix toute douce, ses petites lunettes cerclés, son costume d’un goût parfait, un français bercé de son bel accent new yorkais

J’avais envie de rencontrer Bernard Harcourt pour plusieurs raisons. 

  1. Dans sa vie d’avocat, Bernard Harcourt défend des condamnés à mort. Même si ça n’a pas grand chose à voir avec le numérique. Ce n’est pas rien.
  2. Dans sa vie de philosophe du droit, il a travaillé sur la police et la justice prédictives - c’est-à-dire sur l’utilisation d’algorithmes pour aider la police et la justice à faire leur travail. 
  3. J’ai aussi envie de rencontrer Bernard Harcourt parce qu’il a une théorie intéressante qu’il a développée dans son dernier livre paru en français “La Société d'exposition” : 

Selon lui, les technologies numériques nous ont fait entrer dans une nouvelle ère qu’il appelle la “société de l’exposition”, une société qui a créé en nous le désir de nous exposer - sur Internet notamment - et qui organise l’exploitation de ce désir, à la fois pour nous vendre des marchandises, et pour nous surveiller. Une théorie à creuser.

Quand il s’installe dans notre studio, Bernard Harcourt se met à parler d’encore autre chose. Il se met à me raconter l’histoire d’un français qui a vécu au milieu du 18ème siècle, sous Louis XV, qui s’appelait Jean-François Guillauté et dont je n’avais jamais entendu le nom.... 

L'équipe

  • Réalisation : Anna Buy, Céline Illa, Anne-Sophie Ladonne
  • Mixage : Julien Chabassut
  • Générique : "Flip" de Yakie