Un homme utilise Twitter pour dénoncer les violences policières. Une histoire d’engagement politique à l’ère numérique.

On était en novembre 2018. Le mouvement des Gilets Jaunes commençait. Ce que nous montraient la presse et la télévision, c’était les ronds-points, les manifestations, les vitrines cassées, les projectiles de toutes sortes envoyés sur les CRS. Très vite, David Dufresne s’est mis à recenser de manière méthodique les manifestants blessés par les forces de l’ordre. Un oeil perdu ici, une main arrachée là… J’avoue que je n’y ai pas tellement cru. Pas aux blessures, je pouvais les constater moi aussi. Mais au fait que cela servait à quelque chose de les signaler au Ministère de l’Intérieur. Je me suis dit :

David Dufresne, il s’est encore lancé dans une cause perdue 

J’ai eu tort. Son travail a fini par porter, parce qu’il était rigoureux, et les violences policières sont entrées dans le débat public. Le gouvernement a dû en répondre. 

Et puis en octobre 2019, David Dufresne a publié un roman Dernière sommation (Grasset), où il raconte tout ça. Les violences policières, les tweets, les réactions aux tweets. C’est de la fiction bien sûr, mais le héros du roman lui ressemble beaucoup, et entre les lignes, on y comprend et on y apprend plein de choses. Alors, on a pris rendez-vous pour discuter. Parce que plein de choses qui me posent question dans cette histoire. 

Avec David Dufresne, journaliste (Libération, ITélé, Médiapart...), documentariste (“Prison Valley”...), auteur de nombreux livres, parmi lesquels “_Dernière sommatio_n” (Grasset, 2019) “On ne vit qu'une heure, Une virée avec Jacques Brel” (Le Seuil, 2018), New Moon. Café de nuit joyeux, (Le Seuil,2107), “Tarnac, Magasin général” (Calmann-Lévy, 2013), “_Maintien de l'ordre : Enquête” (_Hachette, 2007)

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