La première fois que j’ai entendu Alice Pfeiffer parler de mode, j’ai eu l’impression qu’une anthropologue me racontait les moeurs d’une tribu étrange. Je ne comprenais pas grand chose....

Il y avait déjà un problème de vocabulaire, des noms de vêtements, de gens ou de marques, que je connaissais pas. Mais surtout elle s’est mise à raconter la mode sur Instagram, les influenceurs, les communautés (les ghetto-gothic, les sea-punks…), les nouvelles pratiques. 

Je ne connais pas très bien la mode, mais ça m’intéresse. Je pense toujours à une  magnifique tirade de Meryl Streep dans Le Diable s’habille en Prada, quand elle sent que sa nouvelle assistante, une wannabe journaliste un peu intello qui s’habille comme une vieille dame, sourit avec une forme de condescendance à une de ses remarques. Et Meryl Streep lui explique ce que le pull bleu qu’elle tient dans les mains a nécessité de réflexion, de travail, d’argent, pour arriver jusqu’ici. 

Quand je revois Le Diable s’habille en Prada, je me dis que le film décrit l’ancien monde de la mode, avant Instagram, avant les Influenceurs, un monde où les rédactrices des grands magazines régnaient sans partage. 

Il se pourrait bien que ce monde ait déjà bien changé.

Donc, j’ai voulu discuter avec Alice Pfeiffer pour qu’elle me raconte vraiment ce qu’est le monde de la mode aujourd’hui. 

Avec Alice Pfeiffer est journaliste de mode. Collaboratrice notamment pour The Guardian, Vogue International et les Inrocks, elle a publié “Je ne suis pas Parisienne” aux éditions Stock. 

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