C’est l’histoire d’un progrès très discret, à peine perceptible. Il y a quelques années encore, un grand jeu consistait à mettre une phrase en anglais dans “Google Translate” et à se moquer de la traduction en français. Et puis, sans même qu’on s’en aperçoive, on a arrêté de jouer à ça.

Difficile de dire quand ça c’est passé exactement - 2014 ? 2015 ? 2016 ? - mais les résultats de Google Translate sont devenus meilleurs. 

Je parle de Google, mais c’est valable pour tous les outils de traduction automatique… On a même vu apparaître des applis qui permettent à notre téléphone de traduire immédiatement en anglais ou en chinois une phrase qu’on lui dit en français. Et ça marche pas mal.  

Alors la question est simple : qu’est-ce qui s’est passé ? Je sais que ça a à voir avec les progrès de l’intelligence artificielle et tout ça, mais pas plus. 

Dans le détail, je n’ai aucune idée de pourquoi en quelques années, la traduction automatique s’est mise à fonctionner à peu près correctement. 

Et j’avoue que ça m’intrigue. Non seulement ça m’intrigue, mais je pressens que c’est fondamental. Parce que traduire, même des choses simples, c’est une activité incroyablement compliquée, et incroyablement humaine. Je veux dire, humaine au sens philosophique du terme : traduire, c’est la mise en rapport de langues, donc de systèmes lexicaux et syntaxiques très différents, c’est la mise en rapport de représentations du monde qui peuvent être très différentes aussi. 

Que des machines puissent nous égaler un jour dans cette activité, ça me pose question.  

Je suis tombé sur un livre, Babel 2.0 - Où va la traduction automatique ? signé par Thierry Poibeau et en regardant qui était Thierry Poibeau je me suis aperçu que c’était un cador de sa discipline : directeur de recherche au CNRS, directeur adjoint d’un laboratoire consacré au traitement informatique des langues, chercheur affilié au département de linguistique de Cambridge, particulièrement intéressé par les langues finno-ougriennes… (c’est-à-dire les langues parlées dans un arc qui va de la mer Baltique à l’Oural) etc.. Et donc, Thierry Poibeau s’est retrouvé face à moi, pour m’expliquer tout ça.  

L'équipe

  • Réalisation : Hélène Bizieau
  • Mixage : Benjamin Orgeret
  • Musique : "Flip" par Yakie 

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