Il existe au Japon une industrie de « love doll », des poupées grandeur nature conçues pour servir de « partenaires de substitution ».

Un homme portant une love doll.
Un homme portant une love doll. © Maxppp / LANDOV/MAXPPP

"Un désir d'humain. Les love doll au Japon", d'Agnès Giard a reçu le Prix Sade 2016. L'auteure est une chercheuse spécialisée dans la culture japonaise. Elle tient aussi le blog Les 400 culs, sur le site de Libération.

Les love doll sont des poupées grandeur nature, le plus souvent fabriquées en silicone, qui servent de "partenaires de substitution". Elles n'ont pas été créée au Etats-Unis, mais bien au Japon. Ce livre traite entre autre de l’interaction que l'humain a avec les objets. Au début de son livre, l'auteure rencontre un fabriquant qui lui explique, un peu énervé, que nous, les occidentaux, et plus particulièrement les Français, nous ne savons pas apprécier les love doll car pour nous les objets n'ont pas d'âme et nous ne voyons en elles que des instruments sexuels.

►►► Lire aussi : L’incompris du Japon entre «love doll» et «kokutai»

Un désir d'humain - Les love doll au Japon
Un désir d'humain - Les love doll au Japon © Collection Japon - Les Belles Lettres

Il existe même un service funéraire pour les love dolls, service offert par les fabricants. Pour les vendre, (elles peuvent coûter jusqu'à 6000 euros), elles ne sont pas présentées dans un vulgaire catalogue de marchandises, mais avec des prénoms, voire même des traits de caractère ! Cette présentation fait plus penser à une agence matrimoniale ou un site de rencontres... La clientèle est élevée socialement et intellectuellement. Un fabricant raconte même que l'un de ses clients a acheté un appartement à sa poupée où il la garde, dans le dos de sa femme...

Ces poupées révèlent particulièrement bien une notion qui a été développée dès les années 70 : la vallée de l'étrange. C'est lorsque des robots ressemblent tellement à des humains, qu'ils en deviennent dérangeants... Ils nous ressemblent, mais pas totalement. Ce qui nous donne une sensation d'angoisse et de malaise. Ensuite, au-delà d'un certain degrés de perfection, ils sont mieux acceptés, d'où le nome de "vallée". Ce principe vaut pour les robots, les androïdes, les poupées ou même les marionnettes...

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