Romain Lafitte présente cette semaine les flashs de nuit et notamment les journaux de 5h00 et 5h30

Il a un Coup de coeur pour l'auteur René Fallet et particulièrement pour le livre Le Beaujolais nouveau est arrivé paru en 1975. On connaît René Fallet, disparu il y a un peu plus de trente ans maintenant, notamment grâce au cinéma, car nombre de ses romans ont été adaptés pour le grand écran. C’est d’ailleurs le cas du Beaujolais nouveau est arrivé .

Le Beaujolais nouveau est arrivé
Le Beaujolais nouveau est arrivé © Radio France

On peut aussi on peut citer d’autres films inspirés des œuvres de René Fallet : Le Triporteur ou Les Vieux de la vieille , Un idiot à Paris ... une dizaine au total.

Un écrivain un peu oublié depuis, à tort très certainement.

Car Fallet raconte une histoire de France, celle des bistrots authentiques où on refait le monde autour d’un perroquet ou d’un mauvais blanc.

Fallet c’est aussi la France admirative des forçats de la route, il était un grand amoureux de vélo. Il avait même inventé une course cycliste factice avec un règlement bien particulier : les échappées étaient interdites, le vainqueur connu d’avance et bien sûr, les arrêts au bistrot obligatoires.

Dans son zinc à lui, il y avait son ami George Brassens , celui avec lequel il partageait sa passion de la littérature, des Hugo, Steinbeck et Hemingway.

Voilà c’est un petit peu pour tout cela qu’il faut relire aujourd’hui celui qui se définissait comme un anarchiste tendance essuie-glace, de gauche à droite, toujours dans le sens inverse du courant dominant.

L’un de ses derniers livres est Le Beaujolais nouveau est arrivé , publié huit ans avant sa mort . L’essentiel de l’histoire se passe… dans un bistrot : Le bien nommé « Café du Pauvre », un modeste rade de banlieue où les rats squattent les lieux. C’est là que tous les jours de retrouvent quatre potes, Camadule, Poulouc, Debedeux et Captain Beaujol’ ça ne s’invente pas. Ils passent leur journée à disserter sur un monde auquel ils n’appartiennent plus. Ils jouent au 4-21 ou à la belote, ça boit, ça crie, ça se chamaille, ça se réconcilie. Les cadavres de bouteilles jonchent le sol. C’est la chanson de BrassensLes Copains d’abord déclinée sur 250 pages, des amis qui s’aiment toutes voiles dehors.

René Fallet, c’est aussi et surtout des dialogues savoureux.

Comme celui sur l’importance du travail dans Le Beaujolais Nouveau est arrivé . Le patron du bar, giscardien jusqu’au bout des ongles, provoque Camadule. Ce paresseux de première lui répond : « On n’en veut pas de ton travail, de ta sainte famille à prix fixe, de ta télé par traites, de ta baraque à crédit, de ta bagnole à tempérament ! On veut rien ! Rien du tout ! Et on pique rien ! Pas un clou ! On n’attend pas que l’État nous donne le biberon, on se le boit tout seul comme des hommes . »

Ou encore ce chapitre où Camadule demande à Debedeux comment il voit l’an 2000 : « Le mot d’amour sera enfin programmé sur ordinateur ! Et pas un mot plus haut que l’autre ! Pas une lentille au-dessus du tas de lentilles ! La belle vie, quoi ! Surgelée ! A découper selon le pointillé ! »

C’est du René Fallet, un brin visionnaire, complètement désabusé.

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Extrait du film La Soupe aux choux, sorti en 81, avec le « Glaude », Louis de Funès,Jean Carmet et Jacques Villeret, adapté du roman du même nom écrit par René Fallet :

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