Une série d'anticipation dystopique qui explore notre rapport au numérique et à nos émotions, plongés dans les interfaces digitales.

Bryce Dallas Howard / Black Mirror, saison 3
Bryce Dallas Howard / Black Mirror, saison 3 © David Dettmann/Netflix

Black Mirror est une série dystopique créée par l'anglais Charlie Brooker et portée par de très bons acteurs. La série surprend par sa capacité à prédire le futur. A tel point, qu'il s'agit quasiment d’anticipation, et on se demande s’il n’y pas parfois un caractère performatif à ces fictions numériques. La série est l’une des rares à aborder aussi frontalement les questions de la gamification, du quantified self et de l’insinuation sans faille de la publicité dans toutes les sphères de la société.

Black Mirror joue constamment sur le rapport à la réalité, et après la victoire de Donal Trump aux élections américaines, ce tweet a particulièrement résonné sur les réseaux sociaux.

Black Mirror vient compléter un panorama récent de traitement de la question numérique dans les séries avec notamment Silicon Valley, diffusée sur HBO et Mr Robot, la série de USA Network. Toutes incarnent des représentations du numérique très différentes, mais partagent un certain discours critique sur le capitalisme numérique. Silicon Valley tourne en dérision le solutionnisme du secteur de la tech américaine, qui a tendance à voir dans le numérique la solution à tous les problèmes. Mr Robot met en scène un hacker punk anarchiste qui cherche à détruire le plus gros conglomérat numérique imaginable. Black Mirror développe lui un regard britannique sur la question, à la croisée entre George Orwell et l’artiste Banksy.

Dans le premier épisode de cette nouvelle saison, un système de contrôle social où les individus se notent mutuellement est imaginé. Et gare à vous si votre note descend trop bas.

Cet épisode se place dans la ligne défendue de façon implicite par Black Mirror, celle d’une critique d’un certain conformisme social prôné par les réseaux sociaux, d’une vision du contrat social qui repose sur la validation par les pairs d’un comportement social "normal". Charlie Brooker a toujours analysé les ressorts d’une forme d’anesthésie social et pousse dans ses fictions tout au bout les principes insidieux de la télé-réalité, à commencer par le principe néolibéral de compétition entre les individus. Le monde que dépeint Black Mirror est celui d’une société où le nombre de likes sur vos posts Facebook détermine l’accès à certains biens (logement, moyens de transport). Et il s’agit d’une parabole pas si éloignée de la réalité, quand on considère que le contrôle aux frontières est déterminé par les profils sociaux et qu’en fonction du nombre de followers sur Twitter et Instagram certains restaurants proposent des réductions.

Black Mirror, saison 3, sur Netflix.

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